Comment la petite ville suédoise de Skelleftea est au cœur d’un boom de la « green tech », un potentiel business à plusieurs dizaines de milliards d’euros

Au nord de la Suède, la ville de Skelleftea est au centre d’un renouvellement éco-urbain grâce à une usine de batteries électriques et à un nouveau centre culturel contrôlé par l’intelligence artificielle.

Pourquoi est-ce important ?

L'innovation vient de là d'où on l'attend le moins. Petite ville minière au bord du cercle polaire, Skelleftea est tout sauf une bourgade perdue. Avec son usine de batteries et son centre culturel high tech, elle est devenue le symbole des "villes vertes" qui tirent profit de la transition écologique pour stimuler leur économie et cesser la fuite des talents vers les mégapoles.

Zoom : La ville septentrionale de Skelleftea a récemment ouvert le centre culturel Sara, un immeuble de 80 mètres de haut qui a coûté 1,2 milliard de couronnes (environ 108 millions d’euros).

  • Le Sara est contrôlé par l’intelligence artificielle.
  • Il est presque entièrement autonome en énergie : sa galerie d’art contemporain, ses six scènes, son restaurant et ses 200 chambres d’hôtel sont alimentés par des panneaux solaires sur le toit et des batteries Northvolt AB au sous-sol.

En parallèle : Skelleftea a également inauguré une usine de batterie, la Northvolt Gigafactory.

  • Elle doit produire à terme suffisamment de batteries pour alimenter un million de voitures électriques par an.
  • Aujourd’hui, environ 1.500 personnes travaillent pour l’usine. Selon le CEO Peter Carlsson, Northvolt embauche environ 100 employés supplémentaires chaque mois à Skelleftea et prévoit à terme d’employer 4.000 personnes.
  • En rejoignant les premières lignes de la transition écologique, ces initiatives ont fait de Skelleftea un symbole de la manière dont les petites communautés scandinaves luttent contre des décennies de fuite des cerveaux et de ralentissement de la croissance.
  • Ainsi, pendant plus de 50 ans, Skelleftea a vu sa population se réduire et ses citoyens s’expatrier vers des villes plus dynamiques du sud du pays.

Important : Selon Bloomberg, le nord de la Suède se prépare maintenant à être un acteur majeur de la prochaine génération d’infrastructures énergétiques du pays.

  • À la clé : plus de 90 milliards d’euros d’investissements dans l’acier vert, les chemins de fer, les ports, les énergies renouvelables et les usines d’ammoniac, qui devraient commencer à affluer dans la région au cours des prochaines années.
  • Par exemple, les futures usines sidérurgiques à base d’hydrogène, qui devraient utiliser une part importante de l’électricité verte du pays au cours des prochaines décennies, seront construites dans des villes situées au nord de Skelleftea.

La partie visible de l’iceberg : Skelleftea est l’une des nombreuses petites villes « vertes » en plein essor qui utilisent la transition écologique et l’abandon des combustibles fossiles pour stimuler leur croissance, tout en mettant un terme au déclin démographique et économique provoqué par les délocalisations et la fuite des talents.

  • On citera notamment Dalton, aux États-Unis, où une petite communauté a su diversifier son économie lorsque le fabricant coréen de cellules solaires Hanwha Q Cells y a ouvert une usine.
  • La plus grande région exportatrice de charbon au monde, la Hunter Valley australienne, a accéléré son abandon des combustibles fossiles l’année dernière avec son intention de construire le projet durable « Waratah Super Battery », qui devrait fournir une puissance de 850 MW et une capacité énergétique de 1680 MWh, ce qui en fera la « batterie la plus puissante du monde ».

Conclusion : L’industrie verte est devenue un moyen pour les communautés rurales d’assurer leur avenir, car les sommes d’argent investies dans ce secteur ont augmenté.

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