Stagflation et crise de la dette : « Les marchés vont encore s’effondrer de 40%, voire plus », avertit Nouriel Roubini

Comment éviter un atterrissage brutal suite à la politique belliciste des banques centrales ? Un nombre croissant d’économistes, dont fait partie Nouriel Roubini, n’y croient plus. En conséquence, celui que l’on surnomme « Dr Doom » voit les marchés s’effondrer encore davantage.

Nouriel Roubini fait partie de ces économistes qui ont prédit la crise financière de 2008. Depuis, l’économiste américain d’origine égyptienne est une voix très écoutée dans le monde économique.

Il était généralement admis que pour juguler l’inflation, une petite récession ne ferait pas de mal. Un juste retour aux choses après des années d’une politique de « l’argent gratuit » menée par les banques centrales, dont la relance post-covid a été le point d’orgue. Les chocs de l’offre (crise de la chaine de l’approvisionnement) ont fait le reste pour alimenter l’inflation. Depuis plusieurs moins maintenant, les banques centrales mènent une politique restrictive qui consiste à lever les taux d’intérêt et à réduire les généreuses enveloppes de prêts. Le but est « d’atterrir en douceur », en ralentissant une économie en surchauffe pour faire baisser l’inflation.

Atterrissage brutal

Sauf qu’on en est plus là. Pour Roubini, la politique des banques centrales pour juguler l’inflation nous mène vers une récession sévère et prolongée. Soit un atterrissage brutal: « Il est beaucoup plus difficile de réaliser un atterrissage en douceur dans des conditions de chocs d’offre négatifs et stagflationnistes que lorsque l’économie est en surchauffe en raison d’une demande excessive », écrit Roubini, dans un article d’opinion publié par MarketWatch.

« Et si un atterrissage brutal est désormais le scénario de base pour les États-Unis, il est encore plus probable en Europe, en raison du choc énergétique russe, du ralentissement de la Chine et du retard encore plus grand de la BCE par rapport à la Fed », ajoute l’économiste.

Voyant qu’elles ne parviennent pas à juguler l’inflation, les banques centrales vont maintenir leur politique restrictive, menant à un atterrissage brutal, « d’ici la fin de l’année », juge Roubini.

Crise de la dette

L’économiste pointe le danger d’une crise de la dette: « Aujourd’hui, les dernières difficultés rencontrées par les marchés financiers, notamment les marchés obligataires et du crédit, ont renforcé mon opinion selon laquelle les efforts des banques centrales pour ramener l’inflation à son niveau cible provoqueront un krach économique et financier. »

« Les signes de tension sur les marchés de la dette sont de plus en plus nombreux : les spreads souverains et les taux obligataires à long terme augmentent, et les spreads des obligations à haut rendement augmentent fortement ; les marchés des prêts à effet de levier et des obligations adossées à des prêts se ferment ; les entreprises très endettées, les banques parallèles, les ménages, les gouvernements et les pays se retrouvent en situation de surendettement. »

Marché d’actions

Le marché d’action est lui coincé entre la politique agressive des banques centrales et le risque de récession. Selon Roubini, les marchés n’ont pas encore totalement intégré l’atterrissage brutal à venir. Si bien qu’en cas de récession légère, il voit les marchés abandonner 30%, voire 40% ou plus, dans le cadre d’une crise de la dette stagflationniste grave.

« La crise est là », conclut l’économiste.

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