Si le gendarme financier le permet, cette grande banque européenne pourrait adopter les cryptos

Elle compte 18 millions de clients, parmi lesquels 70.000 institutionnels. Si sa demande de licence est acceptée, la Commerzbank pourrait offrir à tout ce beau monde des services crypto.

« Nous avons demandé la licence de dépositaire crypto au premier trimestre 2022 », a récemment confirmé le porte-parole de la deuxième banque d’Allemagne au média germanophone Börsen-Zeitung . C’est la première grande enseigne du pays à se tourner officiellement vers cette nouvelle classe d’actifs.

Alors que les actifs crypto pénètrent progressivement dans toutes les régions du monde et toutes les industries, les institutions bancaires restent confrontées à une demande spécifique de la part des clients: l’offre de services et d’investissements liés au bitcoin et autres devises digitales. Commerzbank affiche donc une une volonté plus tangible que d’autres acteurs européennes puisqu’elle a introduit une demande à l’Autorité fédérale de surveillance financière (BaFin).

Formalité obligatoire depuis deux ans en Allemagne, la BaFin accorde une licence aux établissements financiers qui conservent ou échangent pour le compte de leurs clients des crypto-actifs.

La première banque

En janvier 2021, Coinbase Germany avait ouvert le bal réglementaire, devenant la première entreprise à obtenir le précieux sésame. Mais la Commerzbank serait la première banque à en avoir fait la demande. Le gendarme financier a jusqu’ici autorisé quatre entreprises sur les 25 requêtes de licence reçues au total.

Rappelons que Commerzbank s’est impliquée dans des projets de blockchain dès 2018 et a participé aux premières opérations de transferts financiers sur des plateformes décentralisées avec d’autres grandes banques. Plus récemment, l’enseigne allemande a d’ailleurs conclu un partenariat avec la Deutsche Boerse pour développer des marchés numériques basés sur la blockchain dédiés à l’art et l’immobilier.

En parallèle, les investisseurs allemands affichent un certain intérêt
envers les crypto-actifs. Un récent rapport de Kucoin a révélé que 37% des investisseurs crypto s’adonnaient au trading depuis plus d’un an, tandis que, plus largement, 44% des Allemands avaient l’intention d’investir dans les cryptomonnaies.

Un paradoxe allemand ?

À l’instar de leurs cousines européennes, en l’absence de cadre juridique adapté, les banques allemandes se montraient réticentes envers les cryptomonnaies. Jusqu’à ce qu’une nouvelle loi nationale change la donne. En transposant la quatrième directive européenne sur le blanchiment d’argent en
2019, le Bundestag a apporté de la clarté juridique aux institutions financières.

Les législateurs d’outre-Rhin ont joué un rôle de pionnier dans la réglementation crypto. Un fait qui détonne avec la nature des travaux actuels au Parlement européen. Les décideurs de l’UE mènent de vastes chantiers autour des actifs numériques dont les plans risquent de « faire dérailler l’avenir du web 3 dans l’UE », a alerté la communauté internationale dans un courrier.

Pourtant, même l’association bancaire allemande BdB a plaidé en faveur de l’intégration des cryptos dans le système existant, estimant les établissements de crédit si expérimentés dans la garde des actifs des clients et dans la gestion des risques qu’ils pourraient empêcher efficacement les abus, fraudes, blanchiment.

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