Sans gouvernement, l’économie belge est-elle en danger?

Georges-Louis Bouchez (MR) en Joachim Coens (CD&V)
Georges-Louis Bouchez (MR) et Joachim Coens (CD&V) – Isopix

Près de huit mois après les dernières élections, la Belgique n’a toujours pas de gouvernement fédéral de plein exercice. Et si l’on se réfère aux derniers développements, la formation d’un exécutif n’est pas imminente… De quoi mettre en danger l’économie belge?

Nombreux sont ceux que l’absence de gouvernement inquiète, en particulier dans les cercles économiques et entrepreneuriaux. Et il y a de quoi: les élections du 26 mai 2019 n’ont toujours pas accouché d’un exécutif et avant cela, nous étions déjà en affaires courantes depuis le 21 décembre 2018. Pour rappel, nous sommes en 2020… Mais l’agence de notation Moody’s ne semble pas faire partie de ceux-là. ‘Au quotidien, l’absence de gouvernement n’a pas d’impact sur l’économie belge’, affirme Olivier Chemla, analyste pour l’agence, dans un entretien accordé à L’Echo.

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En octobre dernier, Moody’s avait d’ailleurs maintenu la note de crédit de la dette belge à ‘Aa3’, avec une perspective ‘stable’. ‘Quand nous avons pris notre décision de maintenir la note et la perspective, nous disposions déjà d’un faisceau d’informations qui nous indiquait que la formation d’un gouvernement prendrait du temps. Ce facteur est donc déjà intégré dans la notation’, détaille Olivier Chemla au quotidien économique.

Dérapage

Le fait que les gouvernements régionaux se soient relativement vite formés joue un rôle déterminant dans le fait que l’agence de notation se dise ‘pas particulièrement inquiète’. À ce titre, Olivier Chemla rappelle que ‘90% de l’investissement public est réalisé au niveau des communautés et des régions’.

Par contre, l’absence de gouvernement est bien plus dommageable pour le déficit budgétaire de la Belgique. ‘Compte tenu du haut niveau de la dette publique belge et de la dérive naturelle des comptes publics, l’absence de gouvernement et de mesures va peser sur le déficit cette année’, prévient l’analyste de Moody’s. ‘On l’a vu en 2010 et 2014. Il y a eu un impact.’

Dans ses projections d’octobre, Moody’s a en effet prévu une dégradation du déficit en 2019 et en 2020, avec un pic cette année et une baisse à partir de 2021… Sous réserve que nous ayons un gouvernement d’ici là.

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