À San Francisco, les robots ont le permis de tuer

En parallèle des armes à feu, les robots peuvent être équipés d’explosifs pour entrer en contact « neutraliser ou désorienter un suspect violent, armé ou dangereux », mais uniquement dans des « circonstances extrêmes », précise la police de San Francisco.

Pourquoi est-ce important ?

Les robots se déploient dans la société. Si la plupart d'entre eux ont été créés pour aider les humains dans leurs tâches quotidiennes, d'autres ont une utilité plus spécifique. Mais dans un cas comme dans l'autre, les robots ont quelque chose d'effrayant. On peut remercier la science-fiction pour cela. Savoir que certains peuvent légalement être armés et pas uniquement sur le champ de bataille ne fait que renforcer cette crainte. Où se trouve la limite?

Dans l’actu : les forces de l’ordre de San Francisco ont été autorisées à armer leurs robots, afin de neutraliser des suspects.

  • Le conseil de la ville a approuvé cette semaine l’utilisation de robots de police « comme une option de force meurtrière lorsque le risque de mort pour des membres du public ou des officiers est imminent et l’emporte sur toute autre option de force disponible ».

Le détail : pour l’heure, le département de police de la ville de San Francisco ne prévoit pas d’ajouter des armes à feu sur sa flotte de robots, mais la possibilité de le faire représente malgré tout un atout dans certaines circonstances.

  • La police envisage en effet d’ajouter des charges explosives aux robots dans le but de percer des structures fortifiées ou d’entrer en « contact, neutraliser ou désorienter » un suspect dangereux sans risquer la vie d’un officier.
  • Les machines armées ne seraient utilisées que dans des circonstances extrêmes, a précisé le chef de la police de San Francisco, Bill Scott, à CNN. « Si jamais nous devons exercer cette option, cela signifie soit que des vies, des vies innocentes, ont déjà été perdues, soit qu’elles soient en jeu, et ce serait la seule option pour neutraliser cette personne mettant ces vies en danger, ou la personne qui les a prises », a-t-il expliqué.

À noter : la mesure doit encore obtenir un second vote favorable la semaine prochaine, ainsi que l’approbation du maire avant d’entrer en vigueur. Et tout n’est pas joué.   

  • « Il existe un sérieux potentiel d’utilisation abusive et d’abus de cette technologie de qualité militaire, et aucune démonstration de nécessité », a mis en garde le superviseur Dean Preston qui a voté contre cet amendement lors de la réunion du conseil d’administration.

Par ailleurs : un tel engin létal a déjà été utilisé sur le sol américain. En 2016, la police de Dallas a en effet eu recours à un robot armé pour neutraliser un suspect. L’appareil équipé d’explosif avait été envoyé à l’endroit où le suspect armé accusé d’avoir tué 5 policiers s’était réfugié.

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