Web Analytics

Les bénéfices records des géants pétroliers sont-ils leur chant du cygne ?

Les bénéfices records des géants pétroliers sont-ils leur chant du cygne ?
Darren Woods, PDG d’Exxon (gauche) – Bernard Looney, PDG de BP (milieu) – Wael Sawan, PDG de Shell (droite) – Photos via Getty Image

Après des résultats historiques pour Shell, Exxon et Chevron, c’est au tour de BP de présenter ses résultats.

Pourquoi est-ce important ?

2022 aura marqué l’Europe par sa crise énergétique. Les prix du gaz et de l’électricité se sont envolés, tout comme le prix du pétrole (avant de redescendre en 2e partie d'année). De quoi permettre aux compagnies pétrolières d'enregistrer des bénéfices records les unes après les autres.

L’actualité : BP a affiché un bénéfice sous-jacent au coût de remplacement, dans ce cas-ci il est utilisé comme indicateur du bénéfice net, de 27,7 milliards de dollars pour 2022. En 2021, le géant du pétrole avait généré 12,8 milliards de bénéfice net, rappelle CNBC.

  • Pour le quatrième trimestre, BP a affiché un bénéfice net de 4,8 milliards de dollars, dépassant de peu les attentes des analystes qui tablaient sur 4,7 milliards de dollars.
  • BP a déclaré que la dette nette du quatrième trimestre a été réduite à 21,4 milliards de dollars, contre 30,6 milliards de dollars par rapport à la même période de l’année précédente.
  • L’entreprise a par ailleurs indiqué un nouveau rachat d’actions de 2,75 milliards de dollars, qu’elle compte achever avant d’annoncer ses résultats du premier trimestre 2023. Elle a également augmenté son dividende de 10% à 6,61 cents par action ordinaire.
  • BP a fait remarquer que son précédent record de bénéfice annuel était de 26,3 milliards de dollars en 2008.

La crise leur aura profité…

L’enjeu : Les plus grandes entreprises occidentales de combustibles fossiles devraient avoir engrangé des bénéfices combinés de près de 200 milliards de dollars pour l’année, selon les données de Refinitiv.

  • La semaine passée, Shell annonçait le plus grand bénéfice de son histoire : 42,3 milliards de dollars. Le bénéfice net ajusté est de 39,9 milliards de dollars, c’est plus du double des 19,2 milliards de 2021.
  • La même semaine, Reuters rapportait qu’Exxon Mobil enregistrait un bénéfice de 56 milliards de dollars pour 2022, marquant ainsi un sommet historique pour l’industrie pétrolière occidentale.
  • Chevron a aussi annoncé un bénéfice record : 36,5 milliards de dollars.
  • Le géant français Total Énergie doit publier ses résultats mercredi.

Ces records en chant du cygne ?

Zoom avant : Alors que la guerre en Ukraine aura fait monter les prix du pétrole et du gaz, dans lequel ces entreprises possèdent des activités, créant ainsi des bénéfices records pour les majors pétroliers européens, il pourrait s’agir aussi de la fin d’une ère. D’ailleurs, ils en sont les premiers conscients.

  • La compagnie pétrolière BP sait très bien que les gouvernements miseront de moins en moins sur le pétrole à l’avenir : « Le rythme auquel les énergies renouvelables entrent dans le système énergétique mondial est plus rapide qu’avec n’importe quel combustible précédent dans l’histoire », indique le rapport.
  • La semaine passée, un rapport sur la production d’énergie en Europe a donné plus de poids à ces propos. En effet, il a montré que l’éolien et le solaire ont été la première source d’approvisionnement en électricité en 2022. Cette union se place devant le nucléaire et le gaz pour la première fois.
    • En 2022, le soleil (7,3%) et le vent (15%) ont produit 22,3% de l’électricité dans l’UE, le gaz 19.9% et le nucléaire 21,9%.
    • Ce même rapport prévoit pour 2023 une baisse de 28,8 à 20% de la consommation de gaz et de charbon et une hausse de la production de 20% et donc atteindre les 26,8% de la production globale.
Plus d'articles Premium
Plus