Principaux renseignements
- Les marques de mode se livrent fréquemment à du « social washing », se présentant faussement comme éthiquement responsables tout en négligeant potentiellement les violations des droits humains dans leurs chaînes d’approvisionnement.
- Le rapport critique le recours aux audits commerciaux, qu’il qualifie de pratique trompeuse, arguant qu’ils manquent d’indépendance et de transparence.
- Certaines marques bien connues, notamment Nike, Puma et WE Fashion, ont été épinglées pour leurs pratiques particulièrement trompeuses en matière de responsabilité sociale.
Un rapport récent de l’Association des consommateurs, de la Clean Clothes Campaign (SKC) et de SOMO a révélé des pratiques préoccupantes au sein de l’industrie de la mode. Ces organisations accusent certaines marques de se livrer à du « social washing », une tactique consistant pour les entreprises à se présenter comme éthiquement responsables tout en négligeant potentiellement des problèmes cruciaux liés aux droits humains dans leurs chaînes d’approvisionnement.
Les groupes ont procédé à un examen approfondi des déclarations de responsabilité sociale faites par les marques de mode sur diverses plateformes, en comparant ces déclarations avec les résultats de recherches indépendantes. Leur analyse suggère un décalage entre l’image de marque et la réalité sur le terrain. Alors que les marques peuvent vanter des salaires équitables et des conditions de travail sûres, des enquêtes ont révélé des cas de lieux de travail dangereux, de droits du travail inadéquats et même de travail forcé au sein de leurs réseaux de fournisseurs.
Critique des audits commerciaux
Le rapport critique le recours fréquent aux audits commerciaux externes par les marques pour se défendre contre les accusations. Les auteurs affirment que ces audits manquent d’indépendance, car ils sont financés par les marques elles-mêmes, les inspections sont souvent annoncées à l’avance, ce qui permet aux fournisseurs de masquer les problèmes, et les violations signalées restent cachées au public.
De plus, les audits ne sont pas accessibles au public, ce qui rend impossible d’évaluer si les marques traitent efficacement les problèmes identifiés.
Pratiques trompeuses identifiées
Sur les 80 marques de vêtements examinées, huit ont été épinglées pour leurs pratiques particulièrement trompeuses. Parmi elles figuraient des noms connus tels que WE Fashion, Nike et Puma. Un rapport détaillé présentant les conclusions a été soumis à l’Autorité néerlandaise des consommateurs et des marchés (ACM), l’exhortant à prendre des mesures plus fermes contre le « social washing ». L’ACM a accusé réception du rapport et examine actuellement les mesures potentielles pour remédier à ce problème.
Le rapport met en évidence un exemple spécifique où Puma a reconnu l’exploitation des travailleurs dans une tannerie indienne à la suite d’une inspection inopinée en janvier. Malgré cela, WE Fashion et Nike n’ont pas répondu aux questions concernant les conclusions du rapport. (fc)
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