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Quel futur pour la blockchain?

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18/06/2018 | express.be | 9 min de lecture

La blockchain, est-ce juste une technologie dont l’usage est destiné à disparaître une fois la mode passée? Ces champs d’application disent le contraire.
L’engouement actuel autour de la chaîne de blocs peut parfois amener à croire que cette technologie ne jouira d’un intérêt que pendant un temps limité. Une fois passé l’effet de mode, la blockchain pourrait être rapidement oubliée. Pourtant, il existe de nombreux domaines d’application pour cette technologie et il est fort peu probable que l’intérêt aille en décroissant. Les quelques exemples qui suivent montrent que la chaîne de blocs est promise à un bel avenir.

Cryptomonnaie

La première application de la chaîne de blocs est d’être un support pour les monnaies cryptées. Cette technologie sécurisée (Lire: Qu’est-ce que la blockchain) permet le transfert de monnaies sans intermédiaire administratif. Les cryptomonnaies ne sont pas prêtes de disparaître car leur usage est multiple: achat de façon anonyme, création d’un nouveau système bancaire, transferts sécurisés…

Il existe actuellement près d’un millier de monnaies cryptées différentes et la plupart d’entre elles utilisent la technologie de la chaîne de blocs. Certains pays oeuvrent au développement d’une cryptomonnaie nationale. D’autres entités sont en train de mettre en place toute une économie parallèle basée sur l’échange de cryptomonnaie. Ce qui prouve que ces monnaies numériques ne sont pas prêtes de disparaître.

Sécurité des données

La chaîne de blocs peut être utilisée dans le transfert de données administratives. Sa traçabilité permet de remonter la chronologie des modifications qui y ont été apportées et son cryptage permet une inviolabilité des données quasiment totale. L’Estonie est le premier pays à adopter cette technologie pour sécuriser les données de ses citoyens.

La chaîne de bloc se présente comme un système particulièrement efficace pour traiter et compiler toutes formes d’information, comme l’enregistrement de transferts de propriété ou les contrats légaux. Jusqu’ici, ces données sont encadrées par des systèmes centralisés, souvent hébergé sur un seul ordinateur ou un ensemble d’ordinateurs dans un même endroit. Il suffit d’une erreur, d’un hack ou d’une faille dans le système pour que tous les fichiers soient corrompus. La chaîne de blocs peut éviter cela.

Protéger l’IoT

L’Internet des choses (IoT), qui prend chaque jour un peu plus de place dans notre quotidien, est le nom donné aux objets connectés qui nous entourent. Ce sont, par exemple, des frigos intelligents ou des montres connectées. Mais ça peut être des smart-caméras de surveillance qui reconnaissent le visiteur et peuvent être consultées à des kilomètres. Une nouvelle génération de panneaux publicitaires réagissent aux mouvements des individus sur la voie publique: ce sont également des objets connectés. Tout comme les bouilloires qui mémorisent les choix de températures en fonction des goûts de l’usager ou encore les smart-tv.

Le problème de l’IoT est que ce sont souvent des objets ayant une connexion internet mais n’étant pas protégés par un antivirus et ne disposant que d’un logiciel de gestion primaire sur lequel il est difficile pour le néophyte d’accéder. Mais surtout, la principal faiblesse de ces objets connectés est qu’il sont tous gérés par une unité centrale. Une fois celle-ci infectée, le virus peut se propager sans difficultés. L’attaque par déni de service du botnet Mirai de 2016 est un bel exemple du danger que cela représente.

La chaîne de blocs devrait permettre aux réseaux de périphériques de se protéger d’autres façons, par exemple en permettant aux périphériques de former un consensus de groupe sur ce qui est normal dans un réseau donné et de mettre en quarantaine tous les nœuds qui se comportent de manière inhabituelle. Mais la chaîne de blocs a un concurrent dans ce domaine: la technologie Tangle est plus légère et permet les mêmes usages.

© epa

Chaîne alimentaire

Une des grandes questions dans l’alimentation aujourd’hui est de connaître et de certifier l’origine d’un produit. Cette demande émane autant des consommateurs que des autorités nationales et elles obligent les agriculteurs ainsi que les producteurs à employer des méthodes pour prouver que leurs produits ne sont pas fraudés. IBM travaille ainsi avec Walmart pour mettre en place un système qui trace rapidement l’origine des produits alimentaires afin « d’améliorer l’authenticité et la sécurité des aliments », explique l’entreprise spécialisée en informatique.

Plusieurs entreprises travaillent actuellement à coupler des systèmes de scan avec la blockchain.  Toutes les caractéristiques du produit, de sa création jusqu’à sa vente, sont reprises dans la chaîne d’informations. Prenons l’exemple d’une tomate. La chaîne commencera par enregistrer les informations de semis, les heures de plantation, puis la météo qu’il a fait durant la pousse. Le jour de la récolte sera indiqué, de même que le trajet parcouru jusqu’au vendeur. La chaîne de blocs permet de garder une traçabilité parfaite des aliments. C’est la raison pour laquelle le cabinet Deloitte estime que la chaîne de blocs va apporter des changements aussi importants qu’Internet dans les années 90. 

Origine des vins

À l’instar des informations autour des aliments, les informations encadrant un vin pourraient également être tracées et conservées grâce à la blockchain. C’est ce que promet WINE Blockchain, une entreprise qui veut établir « la confiance et la transparence entre le producteur et le consommateur final, en contrôlant la chaîne de production du vin depuis l’origine du raisin jusqu’à la transformation en bouteille ».

Un système de traçabilité de la chaîne d’approvisionnement du vin peut paraître à première vue un caprice de fanatique mais il faut se rappeler que certaines bouteilles de vin se vendent à plusieurs milliers d’euros. La chaîne de blocs pourrait devenir un outil précieux dans la lutte contre la contrefaçon, la falsification et et l’utilisation excessive de conservateurs, de sulfites et de produits chimiques dangereux. 

© epa

Industrie pharmaceutique

La chaîne de blocs fonctionne selon un principe de registre partagé ou distribué, ce qui signifie qu’il est accessible en différentes parties du globe. Un registre distribué n’a ni administrateur central, ni stockage de données centralisé. Il ne peut être modifié, ni supprimé. Par contre, des informations peuvent être ajoutées dans ce registre et l’heure ainsi que le lieu où cela a été fait sera enregistré dans cette base de données.

Cet aspect décentralisé, distribué et protégé intéresse fortement différentes parties du secteur pharmaceutique et des soins de santé. La chaîne de blocs permet d’enregistrer des informations sensibles telles que les données de santé des patients de façon permanente et incorruptible. Comme l’écrit The Pharma Letter, un site spécialisé dans les informations à caractère médicale, cette « technologie permettra également à l’industrie de devenir plus efficace et plus sûre sur certains points importants ».

Contourner la censure

En Chine, des étudiants ont commencé à insérer des messages dans la blockchain Ethereum pour échapper à la censure du pays. Des étudiants de l’université de Pékin, désireux de dénoncer une affaire d’abus sexuels commis par un professeur dans les années nonante semblent être les premiers à avoir employé ce subterfuge.

En insérant des textes dans des transactions avec zéro Ethereum, des étudiants inscrivent des messages dans des blocs cryptés et inviolables. La gouvernement chinois pratique une forte censure sur le web et ses citoyens, supprimant les messages qui ne lui plaisent pas. Mais lorsque ces messages sont conservés dans une chaîne de blocs, la Chine ne peut plus les effacer. Cette façon de contourner la censure a commencé en Chine mais elle pourrait faire des émules partout où une censure – qu’elle soit économique, militante ou gouvernementale – est appliquée.

Un avenir prometteur

Ces quelques exemples montrent que la chaîne de blocs n’est pas en passe d’être oubliée. Cette technologie présente des avantages pour toutes les franges de la société. Les militants, les politiciens, les banquiers, les industriels, les producteurs, les administrations… il n’est de groupe qui ne saurait bénéficier de la blockchain. Le plus grand obstacle est monétaire: il faut avoir les moyens de pouvoir utiliser cette technologie.


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