Quand la saignée de la bourse prendra-t-elle fin? Morgan Stanley s’attend à une autre chute de près de 20% du S&P 500 avant de toucher le fond

Une chute jusque 3.800 points à court terme, voire jusque 3.460 sur une moyenne plus large, estime le stratégiste en chef pour le marché boursier américain de la banque Morgan Stanley. Soit une chute de 9 voire 17% par rapport au niveau de ce vendredi.

Depuis le début de l’année, les marchés boursiers ne mènent pas large. Le S&P 500 a perdu plus de 13%, et le Nasdaq plus de 21% depuis le 1er janvier. La grande question que se posent les investisseurs est « où et quand cette chute va-t-elle s’arrêter? »

Certains, au mois d’avril, s’aventuraient déjà à dire que le fond avait été atteint, mais les actions sont encore en baisse depuis : sur la journée de jeudi notamment, après les annonces de la hausse des taux d’intérêt de la Fed, les indices ont encore subi une sérieuse chute.

Pour Mike Wilson, le stratégiste en chef pour le marché boursier américain auprès de Morgan Stanley, la saignée est loin d’être terminée. Dans un rapport, cité par Market Insider, il estime que le cours du S&P 500 devrait encore chuter de respectivement 9%, voire 17% (par rapport au niveau de clôture de jeudi soir à 4.150 points, déjà en baisse de plus 3,5% par rapport à celui de mercredi à 4.300 points).

Jusque 3.800 points au moins

« Nous pensons que le S&P 500 baissera jusqu’au moins 3.800 points, à court terme, et il pourrait peut-être baisser jusqu’à 3.460, en tant que moyenne mobile de 200 semaines, si les revenus par action, sur 12 mois, commencent à baisser en raison des inquiétudes concernant les marges et/ou la récession », analyse Wilson. Comparé au début d’année, qui était un record historique avec près de 4.800 points, un niveau de 3.800 points serait une chute de plus de 20%, et un niveau de 3.460 points une chute de 27,5%. Les gains réalisés lors de la pandémie seraient alors évaporés.

Explication: « Avec une inflation aussi élevée et un ralentissement rapide de la croissance des bénéfices, les actions n’offrent plus la protection contre l’inflation sur laquelle comptent de nombreux investisseurs. Le rendement réel des bénéfices en glissement annuel a tendance à devancer d’environ 6 mois les rendements réels des actions. Cela suggère que nous avons une baisse significative au niveau de l’indice, et les investisseurs ont compris cela. »

Les investisseurs préfèrent racheter leur dette

Il constate notamment deux tendances dans les chiffres, qui consolident l’idée de baisse à venir.

  • Les investisseurs se désendettent, car les taux d’intérêt augmentent et vont continuer d’augmenter. Il y a donc moins de liquidités en circulation et les investisseurs vont moins acheter d’actions. Cette quantité d’argent que les investisseurs empruntent pour acheter des actions est ainsi en corrélation avec le rendement du S&P 500.
  • Il y a une relation entre le rendement des bénéfices, ajustés en fonction de l’inflation et le rendement, en glissement annuel, du S&P 500. En d’autres mots, avec l’inflation actuellement haute, ces bénéfices sont en baisse, ce qui est un mauvais présage pour les rendements du S&P 500.

Pour les mois à venir, Wilson s’attend à ce que de nombreuses estimations des chiffres d’affaires des entreprises, sur les 12 prochains mois, soient surévaluées. En cause : l’impact de l’inflation et un ralentissement de la croissance en réponse au resserrement de la politique monétaire. « Le premier trimestre pourrait être le dernier bon trimestre de bénéfices, car la hausse des coûts et les risques accrus de récession pèsent sur la croissance future », relativise-t-il. L’indice boursier n’est donc pas encore au bout de ses peines.

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