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Quand la conférence de presse suscite plus de réactions que les mesures de déconfinement

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Politique

25/04/2020 | Baptiste Lambert | 7 min de lecture

Olivier Hoslet / Pool / Isopix

7 heures d’attente. Des phases 1a et 1b, une impression de conférence de presse brouillonne et parfois amusante malgré elle. À l’image d’une Belgique morcelée et compliquée. Nulle part ailleurs.

Les Belges, et en particulier les francophones, ont vécu une drôle de soirée ce vendredi. Rivés sur leur écran, ils attendaient avec une certaine impatience la conférence de presse de Sophie Wilmès (MR). Plusieurs rapports avaient fuité dans les journaux: le déconfinement n’était plus très loin.

Le Conseil national de sécurité a été long. 7 heures de négociations et de débriefing pour mettre en place et expliquer des mesures qui vont changer la vie des Belges.

Les TV francophones avaient décidé pour l’occasion de commencer leur direct dès 17 heures. Pendant ce temps-là, les Flamands pouvaient tranquillement regarder la fin de la saison de leurs soaps préférés: Thuis sur la VRT et Familie sur VTM. ‘Quoi!? On doit attendre que les Flamands terminent leur série pour enfin avoir des infos sur ce déconfinement?’ Non, sans doute pas. La conférence de presse n’arrivera qu’à… 22 heures. Soit 15 minutes après la fin de Temptation Island sur la chaîne Vijf.

21h58, un vendredi soir pour être précis. Beaucoup de francophones ont déjà migré sur TF1 pour ne pas manquer le nouvel épisode de Koh Lanta. Beaucoup de néerlandophones ne vont pas tarder à aller se coucher.

On sentait venir le coup. Une conférence de presse compliquée qui fait suite à un CNS compliqué, le tout pimenté par quelques power points. Nous n’avons pas été déçus. Résultat: plus d’une heure de phases 1a et 1b, de slides illisibles et de réactions en chaîne sur les réseaux sociaux, comme dans les conversations WhatsApp.

‘Je suis perdu, quelqu’un peut me répéter la phase 2a, alinéa 3?’, ‘Entreprises B2B, oui mais c’est-à-dire?’, ‘Bon, si j’ai bien compris, on va pouvoir sortir les kayaks et pas les raquettes de badmington?’, ‘Tout le monde rouvre le 11 mai sauf les coiffeurs?’, ‘Les classes, elles devront faire combien de mètres carrés en fait? ‘Mais du coup, on va pouvoir se dire bonjour chez Médiamarkt plutôt que chez soi?’ ‘Est-ce que quelqu’un a compris l’intervention d’Elio sur le contact tracing?

Only in Belgium

La Belgique est ce qu’elle est. Au-delà des longueurs et du peu de lisibilité d’une communication tortillée, il ne faudrait pas imputer toute la responsabilité à la Première ministre. La répartition des compétences entre le fédéral, les Régions et les Communautés ne facilite certainement pas les choses.

Mais plutôt qu’une conférence de presse explicative et ludique, on a eu droit à une répartition de la parole plutôt hasardeuse. Sur l’Enseignement, par exemple, Pierre-Yves Jeholet (MR) et Jan Jambon (N-VA) ont répété grosso modo la même chose. Pour la Wallonie, on a entendu un Elio Di Rupo (PS) que l’on a déjà connu plus à son affaire. Pour Bruxelles… ah non, pas pour Bruxelles. Car Rudi Vervoort (PS), ministre-président, ne semblait pas vraiment avec nous. Quitte à faire parler tout le monde, autant aller jusqu’au bout ? Soit, les 1,2 million de Bruxellois apprécieront.

Mais les Belges ne s’attendaient pas du tout à la séquence qui allait suivre. Ils se sont rappelé de l’existence d’une 3e langue officielle dans leur beau pays, la RTBF aussi: ‘Oliver nous raconte sans doute la même chose en allemand’, fait mine de comprendre en direct la traductrice. Du nom d’Oliver Paasch, ministre-président de la Communauté germanophone, qui aurait pu nous lire un poème de Goethe que l’on n’aurait pas fait la différence.

Plus sérieusement, certains pointent du doigt le manque de clarté évident d’une communication si importante. Et le choix de communiquer à une heure si tardive. ‘Quand Macron convoque les Français, c’est à 20 heures tapantes, et on le sait déjà la veille.’

La Belgique n’a sans doute pas besoin des emphases du président français, mais sa complexité institutionnelle requiert justement un plus grand effort de communication. Ce qui est rendu très difficile quand on manque de temps, après des heures de négociations. Sans doute aurait-il été préférable de communiquer le lendemain à tête reposée ou de négocier la veille?

C’était tout simplement de trop pour la VRT et VTM qui n’ont pas attendu la fin de la conférence de presse et sont repassés en studio. Faut dire qu’il était près de 23 heures. Quelques balises auraient pu suffire. Avec de plus amples explications par communiqué ou sur des sites officiels prévus à cet effet.

Mais ce n’est que partie remise. La Première ministre nous donne rendez-vous vendredi prochain pour un nouveau joyeux bordel. Le temps pour les chaînes de TV et l’entourage de Sophie Wilmès de corriger le tir.

En attendant, voici les principales mesures qui ont été décidées ce vendredi soir. L’histoire retiendra que le CNS aura privilégié le retour de l’économique (4 et 11 mai) avant celui de la vie sociale (18 mai). Pour le reste, les détails suivront. Mais par pitié, évitons les power points.

Source: BusinessAM


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