Proximus économisera 400 millions d’euros mais cette fois sans licencier massivement, promet la ministre des Entreprises publiques

Isopix/montage

À l’annonce d’un nouveau programme de réduction de coûts, l’opérateur télécom a ravivé les préoccupations de son personnel qui n’a pas oublié les 1.300 emplois supprimés lors du précédent plan de transformation pas si lointain. Pas de plan social cette fois, rassure la ministre fédérale Petra De Sutter.

Le nouveau plan d’économies soulève son lot d’interrogations. Les circonstances actuelles ne sont-elles pas inadaptées à une diète forcée, la crise sanitaire exacerbant les besoins numériques de la population? Comment Proximus peut d’un côté réaliser l’acquisition de Mobile Vikings et BICS, tout en rognant de l’autre sur ses propres activités?

Et puis, l’opérateur télécom a marqué les esprits il y a deux ans avec son vaste plan de transformation qui s’est accompagné de 1.300 départs. Alors, des emplois passeront-ils encore à la trappe? ‘C’est effectivement la préoccupation majeure. Tout au long de la restructuration de 2019, le personnel nous a souvent dit qu’il y avait de toute façon des répercussions sur les services et qu’il y avait trop peu de personnel’, a déclaré la députée PTB Maria Vindevoghel, faisant remonter les différentes questions ce mardi en commission des entreprises publiques de la Chambre.

‘Économies purement opérationnelles’

La ministre de tutelle de Proximus, Petra De Sutter (Groen) a tenté d’éclaircir la situation en réplique, précisant d’emblée que le précédent plan de restructuration avait été entièrement mis en œuvre. Elle a ensuite assuré que les économies seraient réalisées sur les aspects opérationnels de l’entreprise. Il n’y aurait aucun impact sur le programme de déploiement de la fibre, ni sur les investissements nécessaires à la 5G ni sur les projets de numérisation.

‘Proximus m’a indiqué que le nouveau plan ne comprend pas de nouveau plan social. Il s’agit d’économies purement opérationnelles. Les économies seront réalisées grâce à une élimination accélérée du réseau de cuivre. Parce que la maintenance de la fibre optique entraîne des coûts de maintenance inférieurs à ceux du réseau en cuivre’, a développé Petra De Sutter. À cela s’ajouterait la rationalisation d’un certain nombre de bâtiments techniques, grâce aux solutions alternatives offertes par de nouvelles technologies, sans avoir non plus d’impact sur le service.

Transparence dosée

Mais la ministre fédérale des Entreprises publiques a ensuite rappelé à son auditoire qu’elle ne pouvait pas fournir davantage de précisions sur les réductions de coûts ou les décisions de rachat, étant donné la sensibilité de ces informations pour Proximus.

‘Il s’agit de sociétés commerciales qui ne peuvent pas toujours rendre ces informations publiques. Je dois respecter l’autonomie de l’entreprise. Je dois veiller à ce que leur position concurrentielle ne soit pas compromise. Je ne peux donc pas toujours vous fournir l’information’, a souligné Petra De Sutter, estimant avoir dissipé la principale crainte liée aux retombées négatives pour le personnel. ‘Proximus m’a assuré que ce ne sera pas le cas.’

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