Alors que des entreprises étrangères sont encore présentes en Russie, faute de trouver des racheteurs pour leurs activités, le gouvernement russe procède à la riposte qu’il avait déjà agitée comme une menace : s’emparer par décret de tout ce qui se trouve sur son territoire. Cela devient une habitude.
Dans l’actualité : Par décret présidentiel, Vladimir Poutine a fait siens les avoirs de Danone et de Carlsberg présents en Russie. Dans le cas du marchand de yaourts français, il s’agit d’une filiale, tandis que le brasseur danois se voit dépouillé de sa participation dans la brasserie russe Baltika, qui représente environ 30% du marché dans le pays.
Le butin du Kremlin
- Dans un décret présidentiel publié ce dimanche, l’État russe annonce qu’il gérera « temporairement » les actifs saisis. Cette mesure fait suite à la prise de contrôle, en avril, des filiales russes de l’allemand Uniper et du finlandais Fortum, rappelle The Guardian.
C’est là une riposte russe même pas voilée aux sanctions occidentales ; mais dans les faits, on pourrait aussi qualifier cette action de véritable pillage.
- Depuis l’invasion de l’Ukraine et les premières ripostes économiques à l’encontre du Kremlin, celui-ci a décidé de faire main basse sur tout ce que les autres pays avaient pu laisser trainer sur son territoire.
- Le meilleur exemple : les avions de ligne. Ce sont plus de 500 appareils divers et variés qui sont restés coincés dans le pays. Le gouvernement russe a saisi et nationalisé 113 d’entre eux, et il semblerait bien que de nombreux autres ont été cannibalisés pour fournir des pièces de rechange. C’est le plus grand hold-up de l’histoire aérienne.
Des entreprises qui n’arrivaient pas à claquer la porte
On saisit toutefois moins facilement des entreprises que des avions en leasing : la Russie a dû se bâtir un arsenal juridique en conséquence. Mais les proies n’ont pas pu fuir à temps.
- Carlsberg cherchait un repreneur pour Baltika, pour rompre les liens avec la Russie. Le mois dernier, le brasseur avait déclaré avoir trouvé un acheteur anonyme. De toute évidence, ce deal tombe à l’eau.
- Quant à Danone, la firme a annoncé qu’elle « se préparait à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses droits en tant qu’actionnaire de Danone Russie, et la continuité des opérations de l’entreprise dans l’intérêt de toutes les parties prenantes, en particulier de ses employés. » L’entreprise française avait aussi annoncé en octobre dernier qu’elle cherchait une porte de sortie de Russie.
- Danone a ensuite déclaré qu’elle abandonnerait ses activités dans le pays, à l’exception sa branche nutrition infantile. On estimait à l’époque que cette décision pourrait entraîner une dépréciation de la firme pouvant aller jusqu’à un milliard d’euros, souligne le quotidien britannique.