Pourquoi les français tiennent tellement à leur système des retraites

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La réforme des retraites voulue par le gouvernement du premier ministre Edouard Philippe ne convainc pas les Français. Une grève nationale est annoncée ce jeudi 5 novembre.

C’était une grande promesse de la campagne d’Emmanuel Macron. Un chantier de taille, celui de la réforme des retraites. Ce changement vise la simplification du système. Actuellement, il existe en France 42 régimes professionnels. Beaucoup trop pour Emmanuel Macron, qui veut mettre en place un système à point. Il cherche ainsi l’équité derrière la formule ‘un euro cotisé donnera les mêmes droits à tous’. Le système veut l’uniformisation pour assurer une meilleure lisibilité. Ce qui signifie, par exemple, la fin des nombreux régimes propres à certaines professions.

  • Encore plus inégale

Pour de nombreux travailleurs, cette réforme ne fait qu’au contraire creuser le fossé des inégalités. Nombreux sont ceux qui ne veulent pas que l’on touche au régime actuel. Parmi eux, les travailleurs des grandes structures, comme la SNCF, la RATP ou les policiers, qui débrayeront ce jeudi.

  • Meilleure d’Europe

Le système actuel français semble être pourtant parmi les meilleurs d’Europe. L’institut de statistique allemand Statista le classe premier élève européen, avec un total sous la barre de 7,3% (la proportion de retraités menacés de pauvreté).

Un résultat bien en dessous de la moyenne européenne, qui s’élève, elle, à 14,9%. Attention que ce taux peut varier fortement au sein d’un même pays.

L’institut allemand a repris la méthodologie d’Eurostat, l’agence européenne de statistiques. Cette dernière définit le seuil de pauvreté pour les retraités à partir des revenus inférieurs à 60 % du revenu médian (après prise en compte des transferts sociaux). Un chiffre rassurant, par ailleurs, mais qui ne tient pas compte de nombreuses inégalités qui existent derrière cette notion de ‘salaire médian’.

Difficile d’établir de telles statistiques pour le système à venir. En France, le débat continue de faire rage. Le gouvernement n’a pas indiqué sa volonté de modifier la réforme.