Pourquoi BlackRock va perdre son principal investisseur ?

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Le principal actionnaire, et de loin, va se désengager du plus grand fond d’investissement au monde. Une obligation suite à la crise économique qui a suivi la crise sanitaire, mais aussi une opportunité.

La banque PNC, basée à Pittsburgh, a annoncé lundi son intention ‘de retirer la totalité de son investissement’ dans BlackRock, rapporte le Financial Times. Soit 22% des parts de la société d’investissement, achetées en 1995, et qui valent aujourd’hui 17 milliards de dollars.

Ce retrait a un double objectif pour PNC: faire face à la crise économique et anticiper les pertes potentielles – PNC a subi une baisse de 28% de son bénéfice net au premier trimestre -, mais aussi constituer une réserve en vue de futurs investissements.

‘Nous pensons que le moment est venu’, a déclaré Bill Demchak, le CEO de PNC. Il évoque un ‘soutien dans l’environnement actuel’ qui permettra ‘d’apporter de la flexibilité stratégique’. Des fusions bancaires, rares ces dernières années, sont notamment évoquées.

Les récents troubles que connait BlackRock ont-ils joué un rôle dans ce désengagement ? PNC ne l’évoque pas. Mais tant en Europe qu’aux États-Unis, le gestionnaire d’actifs a mauvaise presse. En avril, des députés européens ont protesté contre l’attribution à BlackRock par la Commission européenne d’un contrat pour la réalisation d’une étude sur les finances durables. L’hôpital qui se fout de la charité, selon eux, alors que BlackRock bénéficie de nombreux actifs dans les énergies fossiles. Aux États-Unis, c’est le choix de BlackRock pour piloter des programmes d’aides destinées à des entreprises en difficulté qui fait débat.

BlackRock en crise ? Non.

A ce titre, la société d’investissement a plutôt bien résisté à la crise. Le groupe gérait 6.470 milliards d’actifs au premier trimestre, soit une baisse de seulement 1% par rapport à l’an dernier. BlackRock est d’ailleurs toujours en bénéfice net malgré la crise.

Le départ de PNC est aussi une opportunité pour le géant de l’investissement qui a déjà annoncé reprendre en partie les parts abandonnées par la banque, renforçant ainsi la main mise de son PDG, Larry Fink.