Pour travailler plus longtemps… Des exosquelettes

Un exosquelette mis au point par Cyberdyne. (www.cyberdyne.jp)

Le Japon mise sur les exosquelettes pour maintenir plus longtemps au travail les personnes âgées, et ainsi faire face au vieillissement de la population, aux faibles pensions et à la baisse de la main-d’œuvre disponible.

Le Japon et son économie souffrent depuis de nombreuses années du vieillissement de la population. La part de la population âgée de plus de 65 ans n’a cessé de croître depuis les années 1990 pour atteindre aujourd’hui près de 30%. Quant à la natalité, elle est en baisse constante. En 2017, 941.000 bébés sont nés dans l’archipel contre 1,3 million de décès, selon des chiffres du ministère de la Santé.

Les effets du vieillissement pèsent particulièrement sur la main-d’œuvre dans les métiers manuels et agricoles à la campagne, que les jeunes désertent pour des emplois en ville.

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‘Une seconde peau’

Dans un tel contexte, les autorités nippones comptent sur la technologie des exosquelettes pour aider à maintenir la population âgée au travail plus longtemps et lui permettre d’accomplir de lourdes tâches plus facilement.

Le principe de l’exosquelette est d’épouser les formes et les mouvements du corps de son opérateur pour l’assister dans ses tâches. ‘C’est un peu comme une seconde peau’, expliquait Kenji Takemura, un manutentionnaire du port d’Osaka, dans un reportage de France 3, au début de l’année. Grâce à cet outil, M. Takemura est encore capable, à 59 ans, de charger et décharger des caisses à la longueur de journée (jusqu’à 100 tonnes par jour). Il se voit d’ailleurs continuer son métier au-delà de l’âge légal de la retraite, fixé à 63 ans au Japon.

Plusieurs entreprises sont en concurrence sur ce marché porteur. À l’heure actuelle, l’un des systèmes les plus avancés est celui proposé par Cyberdyne. Son exosquelette détecte les signaux électriques envoyés aux muscles par le cerveau et accompagne ainsi les mouvements de son porteur. L’équipement permettrait de réduire d’au moins 15 kilos la charge supportée par le dos.

Pas le choix

Si le travail des plus âgés est un enjeu national (qui va payer les pensions?), c’est également un enjeu individuel pour les Japonais. Selon un rapport publié par le Comité des systèmes financiers, un couple senior touche en moyenne une pension de 209.198 yens (1.758 euros). Or ses dépenses mensuelles sont estimées à 263.718 yens (2.216 euros).

Il n’est dès lors pas surprenant de constater que le taux d’emploi des 65-69 ans atteignait 54,8% chez les hommes et 35% chez les femmes, en 2017. Ils n’ont tout simplement pas le choix, ils doivent travailler pour joindre les deux bouts.

L’âge légal de départ à la pension est progressivement en train d’être remonté. Le Premier ministre japonais Shinzō Abe souhaite le fixer à 70 ans.

Depuis 2018, les fonctionnaires peuvent même, sur base volontaire, travailler jusqu’à 80 ans.