Au Japon, l’État est contraint de se substituer à Cupidon

Pour tenter d’enrayer la baisse dramatique de la population rurale, les autorités locales japonaises lancent des sites de rencontre, sortes de Tinder d’État.

Au Japon, la population est en baisse dans 40 des 47 préfectures que compte le pays. Les jeunes désertent les campagnes au profit des villes afin d’y étudier ou d’y trouver un emploi, avec pour conséquence qu’il devient de plus en plus difficile pour ceux qui restent de trouver chaussure à leur pied… Ce qui pousse ces derniers à également quitter la province.

Et ce phénomène entraîne également un déséquilibre des genres. Dans 80% des préfectures où la population diminue, les jeunes femmes sont plus enclines que les hommes à déménager en ville. On retrouve ainsi plus de célibataires féminines en ville et plus de célibataires masculins à la campagne.

Iju konkatsu

Pour tenter d’enrayer ce processus, les pouvoirs locaux mettent en place des sites de rencontre afin que leurs nombreux résidents célibataires puissent trouver la perle rare venue des villes, pointe le très sérieux magazine The Economist. Ces services qui encouragent le iju konkatsu, que l’on pourrait traduire par la chasse à l’épouse migratoire, sont de plus en plus répandus dans l’archipel japonais.

Dans la préfecture d’Akita, près de la pointe nord de l’île principale du Japon, le gouvernement local a mis en place un site de rencontre en ligne depuis neuf ans déjà. Celui-ci revendique être parvenu à trouver une moitié à plus de 1.350 habitants de la région. Récemment, le site a même étendu ses services au-delà des frontières de la préfecture. ‘En utilisant ce site de konkatsu, nous espérons qu’un plus grand nombre de personnes venues d’ailleurs se marieront avec des habitants d’Akita et qu’elles viendront vivre ici’, explique à The Economist Rumiko Saito du Centre de Soutien au Mariage d’Akita.

À côté de cela, certaines municipalités organisent également des soirées pour aider leurs célibataires à trouver l’âme sœur. D’autres encore subsidient des voyages organisés dans les préfectures rurales et auxquels participent pour moitié des habitants de la campagne et pour moitié des citadins. Des centaines de personnes participent chaque année à ce type de voyage, assure The Economist. Le manque de recul par rapport à ces méthodes encore très récentes de iju konkatsu ne permet cependant pas encore de se faire une idée claire de leur efficacité.

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