Pour Jim Chanos, la guerre en Ukraine et les hausses des taux masquent une menace encore plus importante : l’effondrement du marché immobilier chinois

Guerre en Ukraine, inflation, craintes de récession, hausse des taux d’intérêt, marché de l’énergie en folie : voilà les sujets qui font la une de l’actualité financière depuis de nombreux mois. Mais pour l’investisseur Jim Chanos, un autre danger – encore plus inquiétant – guette l’économie mondiale.

Jim Chanos, à la tête du fonds spéculatif Kynikos Associates – spécialisé dans la vente à découvert – et connu pour ses paris contre la Chine, a tenu à remettre l’église au milieu du village, à l’occasion d’une interview accordée à CNBC. Pour lui, nombre d’investisseurs sous-estiment les risques du potentiel effondrement du marché immobilier chinois.

« Si ce qui se passe dans le monde – qu’il s’agisse de la Russie ou de l’Ukraine, des banques centrales qui perdent le contrôle, peu importe – n’avait pas lieu en ce moment, je pense que ce qui se passe sur le marché immobilier chinois serait au centre des préoccupations des investisseurs », a souligné l’investisseur américain.

Pour que les choses soient claires, « presque toutes les grandes entreprises chinoises ont une branche de développement immobilier », a rappelé Jim Chanos. « Il ne s’agit donc pas seulement des promoteurs. Ce phénomène est endémique à l’ensemble de l’économie chinoise. »

« Je pense que nous l’ignorons, à nos risques et périls », a-t-il encore prévenu, qualifiant les appartements chinois comme la deuxième classe d’actifs la plus importante au monde, après les bons du Trésor américain.

« Un problème majeur relégué aux dernières pages de la presse »

Depuis que le géant chinois Evergrande a annoncé qu’il pourrait faire défaut sur une partie de sa dette, les prix de l’immobilier ont chuté durant douze mois d’affilée. Autre exemple de la crise du secteur : le plus grand promoteur du pays, Country Garden, a annoncé le mois dernier que ses bénéfices sur le premier semestre avaient chuté de 70%.

Globalement, c’est toute l’économie chinoise qui est dans le dur. Pour la première fois en trente ans, elle n’est d’ailleurs même plus la reine de la croissance en Asie. Un phénomène en bonne partie lié à la politique « Zéro Covid » toujours en vigueur dans le pays, qui se traduit par des confinements et des fermetures d’entreprise décrétés bien plus rapidement qu’ailleurs.

Pour stimuler le marché immobilier, Pékin privilégie la baisse des taux. Cette semaine, le gouvernement a par exemple à nouveau abaissé les taux hypothécaires à cinq ans et les taux préférentiels à un an.

« Le fait qu’un effondrement majeur se produise parmi les promoteurs immobiliers, tant publics que privés, est un problème majeur qui est en quelque sorte relégué aux dernières pages de notre presse financière », a ajouté Jim Chanos.

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