Plus fort que Facebook et Google: le concept d’internet par les airs renait de ses cendres

La société britannique World Mobile souhaite fournir un réseau Internet aux zones peu couvertes grâce à des ballons gonflés à l’hélium. Un concept déjà exploité par des géants de la tech, mais qui n’ont jamais tenu bien longtemps, alors comment cette société méconnue du grand public pourrait réussir là où des géants tels que Facebook et Google ont échoué ? Grâce à une approche hybride.  

En Afrique subsaharienne, l’utilisation d’Internet est peu répandue, et ce, en raison d’une couverture réseau plus que limitée, des prix exorbitants et une culture numérique faible. Mais cela pourrait changer grâce au projet de la société World Mobile. Cette dernière souhaite en effet développer un réseau Internet en Afrique subsaharienne grâce à l’utilisation de ballons gonflés à l’hélium.

World Mobile va déployer deux aérostats – des ballons proches de dirigeables désignés par le spécialiste Altaeros – dans le ciel pour fournir une couverture réseau sur l’archipel de Zanzibar, avant d’en faire de même sur toute l’Afrique subsaharienne.

Un modèle hybride pour réussir, là où beaucoup ont échoué

L’idée en elle-même est loin d’être nouvelle. Plusieurs grands noms de la tech tels que Facebook et Google se sont déjà penchés sur le concept, sans succès sur le long terme. En 2018, Facebook (Meta) a en effet mis un terme à son projet Aquila qui impliquait la création d’un drone solaire pour servir d’antennes-relais, afin de fournir Internet dans des zones reculées du monde. Plus récemment, en janvier 2021, Google a abandonné le projet Loon. Celui-ci poursuivait le même but, mais reposait sur l’utilisation de ballons stratosphériques. Comment une société méconnue telle que World Mobile pourrait réussir là où ces géants de la tech ont échoué ? En utilisant un modèle hybride.

Selon Derek Long, responsable des télécommunications et de la téléphonie mobile au sein de la société de conseil en technologie Cambridge Consultants, les projets Aquila et Loon ont en effet été des échecs en raison de leur direction unique et de leur système économique, entre autres. « Un modèle hybride peut être affiné pour surmonter cela en fournissant des solutions terrestres à haute capacité dans les zones très peuplées et des solutions de couverture à moindre coût avec des plates-formes non terrestres », a-t-il déclaré à CNN. Et c’est justement ce que veut proposer World Mobile.

Internet dans le ciel et sur terre

Dans un premier temps, World Mobile va déployer ses deux ballons gonflés à l’hélium dans le ciel. Stationnés à 300 mètres d’altitude, les deux engins fourniront un signal dans un rayon de 70 kilomètres en utilisant les fréquences 3G et 4G. Résistants, les ballons pourront supporter des vents allant jusqu’à 150 kilomètres par heure et stationner durant 14 jours dans les airs, avant de redescendre pour être rechargés. Durant cette étape, d’autres aérostats prendront le relais, afin de ne pas interrompre la connexion des utilisateurs.

Le signal fourni par la station de plate-forme à basse altitude (LAPS) permettra aux utilisateurs de réaliser des tâches légères sur Internet ; naviguer sur la toile, envoyer des emails, etc.

Dans un second temps, la société britannique déploiera un réseau plus puissant pour le streaming vidéo et le gaming, mais cette fois-ci, il sera déployé au sol. World Mobile prévoit en effet de construire un réseau de nœuds au sol pour fournir le wifi à des centaines de personnes.

Le premier ballon d’Internet devrait être lancé en juin prochain. Quant au réseau terrestre, qui comprendra 125 emplacements, il devrait être achevé d’ici la fin de l’année.

Une offre moitié moins chère

Mais pour que le projet fonctionne sur le long terme, World Mobile devra parvenir à séduire les clients. C’est pourquoi la société britannique mise sur des offres moitiés moins chères que celles des opérateurs existants, et ce, en partie grâce au fait que les coûts de déploiement de son réseau à Zanzibar seront beaucoup moins chers que les infrastructures actuelles, a-t-elle assuré à CNN.

World Mobile espère pouvoir déployer son réseau hybride dans d’autres pays, notamment au Kenya.

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