Principaux renseignements
- Les pilotes ukrainiens de F-16 ont adapté les tactiques de l’OTAN pour contrer les denses défenses aériennes et les patrouilles de chasseurs de la Russie.
- Les pilotes privilégient les manœuvres à basse altitude pour échapper aux radars et aux systèmes de missiles ennemis, s’écartant ainsi des doctrines occidentales standard.
- Les faiblesses structurelles du programme F-16 comprennent un nombre limité d’avions et de pilotes, ce qui met en évidence les difficultés d’intégration actuelles.
Malgré des mois d’entraînement intensif à l’étranger, les pilotes ukrainiens de F-16 ont été confrontés à une dure réalité à leur retour. Les tactiques de l’OTAN qu’ils avaient apprises se sont révélées inadaptées aux complexités de la guerre contre la Russie. Les pilotes, dont beaucoup étaient déjà des aviateurs de combat expérimentés, ont découvert que les doctrines occidentales établies ne s’appliquaient pas entièrement à un environnement saturé de défenses aériennes et de patrouilles de chasseurs russes.
L’adaptation de ces doctrines a nécessité une réévaluation fondamentale des manœuvres individuelles, des tactiques de formation et de la planification des missions près de la ligne de front. Ce changement radical de style de vol, des anciens jets soviétiques aux F-16 modernes, a représenté un défi de taille pour les pilotes ukrainiens. Le programme d’entraînement accéléré – environ neuf mois contre trois ans pour les pilotes occidentaux – signifiait qu’ils devaient rapidement adapter leur mémoire musculaire à un nouvel aéronef aux capacités très différentes.
Profils de vol bas et maniables
La ligne de front est un environnement dangereux, densément couvert par les systèmes de missiles sol-air russes et patrouillé par des avions de combat avancés comme le Su-35, le Su-57 et le MiG-31. Chaque sortie vers le front implique de naviguer entre des tirs de missiles hostiles, souvent des missiles air-air.
Pour atténuer ces menaces, les pilotes ukrainiens ont adopté des profils de vol à basse altitude et hautement manœuvrables, ce qui complique la tâche des radars et des détecteurs de missiles ennemis qui les repèrent dans le fouillis du terrain, rapporte Militarnyi. Cette approche s’écarte considérablement des programmes de formation de l’OTAN, ce qui met en évidence le fossé entre la doctrine occidentale et les réalités opérationnelles de l’Ukraine.
Faiblesses structurelles
Dans certains cas, les pilotes de F-16 affectés à des missions d’escorte s’exposent délibérément aux avions ennemis, attirant les tirs et obligeant les chasseurs russes à dépenser leurs missiles. Cela permet aux avions d’attaque transportant des bombes à guidage de précision d’atteindre leurs cibles en toute sécurité. Ces éléments d’escorte donnent la priorité à l’absorption de la menace aérienne plutôt qu’à l’obtention de la supériorité aérienne.
La combinaison d’une formation accélérée, de cellules plus anciennes et d’orientations limitées de l’OTAN a révélé des faiblesses structurelles dans le programme F-16 de l’Ukraine. Les pays partenaires ont également limité le nombre de jets et de pilotes formés fournis, ce qui réduit encore l’efficacité opérationnelle. Cette sous-utilisation des F-16 met en évidence les défis auxquels l’Ukraine est confrontée alors qu’elle cherche à intégrer ce système d’armement avancé dans son arsenal. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici!

