Pétrole: l’Arabie Saoudite et la Russie acceptent de prolonger les réductions de production… À une condition

Le Pré and Saudi Arabia’s Crown Prince Mohammed bin Salman (R) attend a meeting at the Saudi Royal palace in Riyadh, Saudi Arabia, 14 October 2019. Russian President Vladimir Putin pays a state visit to Saudi Arabia. EPA-EFE/ALEXEY NIKOLSKY/SPUTNIK/KREMLIN/POOL MANDATORY CREDIT

Alors que le prochain sommet de l’Opep est toujours incertain, les deux principaux producteurs de pétrole du cartel veulent non seulement prolonger les réductions de production en vigueur, mais demandent aussi des coupes plus importantes pour certains pays.

La Russie et l’Arabie Saoudite ont mis du temps pour s’accorder sur une réduction de leur production de pétrole. Début avril, Vladimir Poutine rejetait encore les suggestions des États-Unis pour prendre part à un éventuel accord mondial de réduction du pétrole. Les membres de l’Opep+ sont finalement parvenus à s’accorder sur une réduction de leur production de 9,7 millions de barils par jour (mbj) sur deux mois, une mesure exceptionnelle qui est entrée en vigueur le 1er mai.

Un mois plus tard, les discussions des membres de l’Opep+ sur le respect de leur engagement et la tenue de leur prochain sommet génèrent d’importantes inquiétudes. En cause: les ‘problèmes de conformité’ qui ‘compliquent les efforts’ des membres de l’Opep et leurs alliés, indique Al Stanton de RBC Capital Markets. Et pour ne rien arranger, la réunion des membres de l’Opep+ ‘n’aura pas lieu ce jeudi, comme le marché l’avait espéré’. Même la date initiale des 9 et 10 juin ‘ne semble plus être fixée dans le marbre’ selon Eugen Weinberg, de Commerzbank.

Les stocks ne diminuent plus

Les nouvelles sont donc mauvaises pour redresser le marché du pétrole. Malgré un monde qui se déconfine progressivement, la reprise tarde à se concrétiser sur le marché mondial. Après une légère baisse constatée en mai, les gigantesques stocks ne diminuent plus. Une constatation d’autant plus inquiétante que les pays producteurs ont déjà décidé de baisser leur production.

Faudrait-il donc en faire plus? C’est ce que semblent penser la Russie et l’Arabie Saoudite. Les deux pays ont donc pris les devants et viennent de conclure un accord préliminaire pour prolonger d’un mois supplémentaire la réduction de production actuelle de 9,7 millions de barils par jour, soit jusqu’à la fin juillet.

Selon l’accord initial, cette production était d’application pour les mois de mai et juin, avant d’être ramenée à 7,7 millions de barils par jour jusqu’à la fin de l’année. À partir de janvier 2021, les réductions de production seraient encore réduites à 5,8 millions de barils par jour, pour rester en vigueur jusqu’à la fin avril 2022.

Condition

Cet accord préliminaire entre Russes et Saoudiens a été conclu à une condition bien spécifique. Les pays membres n’ayant pas respecté la réduction de production doivent non seulement respecter leur engagement, mais aussi compenser le non-respect des quotas qui leur ont été attribués. L’Irak, le Nigeria et le Kazakhstan sont particulièrement visés.

Les deux principaux producteurs de pétrole ne se contenteront donc pas d’une simple application des réductions déjà promises. Ils exigent désormais des réductions de production plus importantes dans les mois à venir pour compenser les manquements antérieurs des pays ciblés.

Et s’ils ne tiennent toujours pas leur promesse? Les Russes et les Saoudiens ont menacé qu’ils commenceraient à supprimer progressivement leurs propres réductions d’approvisionnement. Une menace qui donnerait sans doute le coup de grâce au marché du pétrole si elle était mise en oeuvre…

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