Lorsque vous souhaitez acheter un bien immobilier, le propriétaire actuel doit être en mesure de vous fournir un certificat PEB. Ce dernier permet de déterminer l’efficacité énergétique de la maison ou de l’appartement. Cependant, il s’avère que le certificat de performance énergétique obligatoire n’est pas toujours fiable.
Le certificat de performance énergétique (PEB) d’une maison n’est pas toujours fiable

Pourquoi est-ce important ?
Toute personne souhaitant vendre une maison est tenue de communiquer le score énergétique aux acheteurs potentiels. Les inspecteurs examinent toutes sortes de facteurs pour déterminer le score EPC, de l'isolation à la présence de technologies durables, y compris les panneaux solaires. Plus la note est élevée, plus le bien vaut cher.Le contexte : les acheteurs de biens immobiliers accordent de plus en plus d’attention au score PEB. Par conséquent, ce label a un impact sur le prix qu’il ne faut pas sous-estimer.
- Des chiffres partagés plus tôt cette année par le spécialiste de l’immobilier Trevi montrent qu’il faut de 2 à 4 semaines pour vendre une maison avec un score PEB de A, B ou C. Ce délai passe à 2 à 3 mois en moyenne pour les propriétés avec un PEB inférieur à C. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les maisons durables sont plus populaires.
- En raison de la crise énergétique de la fin de l’année 2022, de plus en plus de personnes prêtent attention à la note énergétique d’un logement. Plus la maison est économe en énergie, moins la facture énergétique est élevée.
- En Wallonie, à compter de 2026, les personnes qui achètent une maison auront 5 ans pour atteindre un niveau minimal de performance énergétique. Les travaux de rénovation doivent permettre d’obtenir au moins un label PEB D, puis C en 2031, B en 2036 et A 2041.
- Ces interventions ont un coût élevé. Beaucoup de gens préfèrent donc une maison plus durable dès l’achat. C’est pourquoi le prix demandé pour une maison énergivore peut s’avérer jusqu’à 10 % plus bas.
À noter : d’ici le 1er janvier 2028, chaque habitation en Wallonie devra disposer d’un certificat de performance énergétique (PEB).
Le score du PEB n’est pas toujours fiable
Détails : Les architectes avertissent qu’il n’est pas toujours possible de se fier à un certificat de performance énergétique, rapporte DPG Media. « Demandez à 12 inspecteurs PEB, et vous obtiendrez 13 résultats différents », peut-on lire.
- « Je ne ferais pas aveuglément confiance à un tel certificat énergétique », a déclaré mardi soir l’architecte Gommer Saldien à VTM News. « Il arrive que des erreurs soient commises et que le prix à payer soit élevé. «
- Il a cité l’exemple d’une maison qui avait reçu un PEB B, mais dont le toit n’était qu’à moitié isolé. Les nouveaux propriétaires ne l’ont découvert qu’après coup. « Normalement, dans un tel cas, la note PEB tomberait probablement à D », a ajouté Saldien.
- L’un des principaux problèmes est que de nombreux inspecteurs PEB n’ont aucune formation en matière de construction. Certains ne visitent même pas la maison pour la contrôler. Ils se basent alors sur les factures pour déterminer le score énergétique d’une maison ou d’un appartement.
- En outre, les vendeurs de biens immobiliers font pression sur les inspecteurs pour qu’ils attribuent à leur bien une note PEB aussi élevée que possible. Cela leur permet d’augmenter le prix de vente.
- Saldien conseille aux acheteurs de toujours demander l’avis technique d’un architecte avant d’acheter un bien immobilier.
Plus de critiques sur les certificats PEB
Rappel : ce n’est pas la première fois que les certificats PEB sont critiqués.
- Certains députés bruxellois ont également remis en question la fiabilité des certificats énergétiques au début de l’année. Ils ont alors fait référence à une enquête de l’émission #Investigation de la RTBF, au cours de laquelle cinq inspecteurs PEB ont contrôlé la même maison. Résultat : le bâtiment a reçu cinq valeurs différentes.
Autre point sensible : le certificat énergétique est une réglementation européenne, mais dans notre pays, il s’agit d’une compétence régionale. Cela signifie qu’il existe des différences entre les certificats des trois régions, par exemple en termes de classes énergétiques (A à G).
- « À Bruxelles, une habitation est considérée comme énergivore à partir d’une consommation annuelle de 276 kWh/m², contre 426 et 401 en Wallonie et en Flandre respectivement », expliquait à l’époque Christophe De Beukelaer (Les Engagés) à Bruzz.be. « Il y a donc trois poids et mesures, et Bruxelles est la région la plus stricte. »
- Selon certains, une telle harmonisation n’est pas envisageable. « Une telle harmonisation est limitée par la norme européenne », a déclaré Alain Maron, ministre bruxellois du climat. « Celle-ci exige que les classes PEB soient proportionnelles à la moyenne du parc immobilier, et cette moyenne n’est pas la même à Bruxelles qu’en Flandre et en Wallonie. »
(JM)