Un signe inquiétant qui pointe le bout de son nez pour la première fois depuis la crise de 2008

Les gestionnaires de portefeuilles indiquent surpondérer les obligations dans leurs fonds, contrairement aux actions. Cela témoigne une grande aversion des risques, et montre qu’ils ne s’attendent pas à une amélioration de la situation économique l’année prochaine. La dernière fois que ce ratio était d’application, c’était lors de la crise de 2008.

Pourquoi est-ce important ?

Les obligations sont des actifs plus sûrs, qui comportent moins de risques que les actions. En temps de crise, les investisseurs se retournent souvent vers ces actifs.

Les faits : Les obligations prennent une part de plus en plus importante dans les fonds d’investissement.

  • C’est ce que montre un sondage de Bank of America, effectué tous les mois auprès de gestionnaires de fonds et relayés par BFM Bourse.
  • En somme, les gestionnaires préfèrent les obligations comme actifs financiers pour l’année prochaine – des produits moins risqués que les actions. En d’autres mots, ils ne s’attendent pas à ce que la situation économique ne s’améliore, au contraire.
  • C’est ainsi une première fois, depuis la crise de 2008-2009, que les gestionnaires indiquent « surpondérer » les obligations dans leur portefeuille. En novembre, l’inverse était encore vrai : ils indiquaient sous-pondérer les obligations. En parallèle, ils sous-pondèrent les actions, mais cela fait déjà plusieurs mois qu’ils l’indiquent. Le chiffre est néanmoins à son plus bas niveau depuis avril 2009.
    • Les comparaisons entre la crise de 2008 et l’année 2022 se font de plus en plus fréquentes. Pour Mike Wilson de Morgan Stanley, la baisse des bénéfices des entreprises ressemble à celle de 2008. Pour Roubini, c’est une crise des dettes comme celle de 2008, mélangée à une stagflation, qui nous pend au nez.
  • Ainsi, selon 27% des répondants, les obligations d’État seront le meilleur actif de l’année prochaine. Les actions ne convainquent que 25% des investisseurs. Les obligations d’entreprises se distinguent cependant moins bien (24%), tout comme les matières premières (12%).

Le détail : les autres perspectives ne sont pas roses non plus.

  • 69% des investisseurs s’attendent à ce que l’économie mondiale continue à s’affaiblir dans les 12 mois à venir (contre 74% en novembre).
  • 68% d’entre eux voient une récession comme une probabilité (77% en novembre).
  • Une amélioration : la Chine, qui fait aussi baisser ces deux pourcentages. 75% des investisseurs pensent que l’économie chinoise sera plus robuste l’année prochaine qu’elle ne l’était cette année, à cause des premiers signes d’assouplissement de la politique sanitaire draconienne. C’est une différence nette avec le mois de novembre, où seuls 13% étaient optimistes quant à la Chine.
  • 90% d’entre eux voient l’inflation chuter en 2023, mais la hausse du coût de la vie continuera à peser sur les marchés. Pour 37% d’entre eux, l’inflation « toujours élevée » est le plus grand risque pour le marché (contre 30% en novembre). Les autres risques sont la récession profonde, les politiques monétaires strictes et la situation géopolitique.
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