Principaux renseignements
- L’obésité a désormais dépassé l’insuffisance pondérale comme principale forme de malnutrition chez les enfants et les adolescents scolarisés.
- L’étude a analysé les données de plus de 190 pays et a révélé que, si la prévalence de l’insuffisance pondérale a diminué depuis 2000, les taux d’obésité ont continué d’augmenter.
- Le rapport attribue l’augmentation de l’obésité chez les enfants à la commercialisation omniprésente d’aliments ultratransformés, riches en sucre, en amidon raffiné, en sel et en graisses malsaines.
Un nouveau rapport de l’UNICEF révèle une tendance mondiale inquiétante : l’obésité dépasse désormais l’insuffisance pondérale en tant que forme prédominante de malnutrition chez les enfants et les adolescents d’âge scolaire.
L’étude, intitulée « Feeding Profit: How Food Environments are Failing Children », a analysé des données provenant de plus de 190 pays et a révélé que si la prévalence de l’insuffisance pondérale a diminué depuis 2000, les taux d’obésité n’ont cessé de grimper. Cette évolution alarmante touche un enfant sur dix dans le monde, soit 188 millions de personnes exposées à de graves complications sanitaires.
Si l’obésité est désormais plus répandue que l’insuffisance pondérale dans le monde entier, à l’exception de l’Afrique subsaharienne et de l’Asie du Sud, certaines nations insulaires du Pacifique affichent les taux d’obésité les plus élevés. Des pays comme Niue, les îles Cook et Nauru voient plus d’un tiers de leur population jeune vivre avec l’obésité, en grande partie à cause de la transition des régimes alimentaires traditionnels vers des aliments transformés à forte densité énergétique et facilement disponibles.
Faire face crise croissante
Les pays à revenu élevé sont également confrontés à des taux d’obésité élevés. Le Chili, les États-Unis et les Émirats arabes unis font tous état de pourcentages importants d’enfants et d’adolescents obèses.
La directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell, insiste sur la nécessité de s’attaquer d’urgence à cette crise croissante: « Nous devons reconnaître que la malnutrition ne concerne plus seulement les enfants souffrant d’insuffisance pondérale. L’obésité constitue une menace sérieuse pour la santé et le développement des enfants ».
Le rapport attribue l’augmentation de l’obésité infantile à la commercialisation omniprésente d’aliments ultra-transformés, riches en sucre, en amidons raffinés, en sel et en graisses malsaines. Ces produits sont souvent conçus pour être très appétissants et pratiques, et ciblent les jeunes consommateurs par des tactiques de marketing agressives.
Règles plus strictes
L’UNICEF avertit que ces environnements alimentaires, dominés par des options malsaines, déterminent les choix alimentaires des enfants plutôt que leurs préférences personnelles. Un sondage mondial auprès des jeunes a révélé l’influence significative de la publicité sur leurs envies alimentaires.
Les conséquences de l’inaction sont désastreuses. En l’absence d’interventions visant à réduire l’obésité infantile, les pays devront faire face à des coûts de santé et à des charges économiques considérables à l’avenir.
Pour lutter contre ce problème, l’UNICEF exhorte les gouvernements, les organisations de la société civile et les partenaires à mettre en œuvre des politiques globales qui favorisent des environnements alimentaires plus sains. Il s’agit notamment de réglementations plus strictes sur l’étiquetage des aliments, de restrictions en matière de marketing et de taxes sur les produits malsains. En outre, les initiatives sociales qui donnent aux familles les moyens d’exiger des choix nutritifs sont cruciales. L’interdiction des aliments ultra-transformés dans les écoles et la protection des politiques publiques contre l’influence de l’industrie sont également des étapes essentielles.
Interventions ciblées essentielles
Il est primordial de renforcer les programmes de protection sociale afin de garantir que les familles vulnérables aient accès à des aliments nutritifs et abordables.
L’UNICEF insiste sur la nécessité d’adopter une approche à multiples facettes pour s’attaquer à ce problème complexe : « Nous devons faire en sorte que chaque enfant ait accès à des aliments nutritifs et abordables, afin de soutenir sa croissance et son développement », conclut Russell. « Des interventions ciblées sont essentielles pour lutter contre le double fardeau de la malnutrition qui affecte de nombreux pays. » (fc)

