Nouveau rebondissement dans la saga des masques Avrox, commandés par la Défense

Cette saga des masques est une histoire sans fin. Après les pénuries, c’est la qualité des masques qui a fait défaut. Notamment les derniers en date commandés par la Défense. Une finition antibactérienne les rendrait dangereux pour la santé et l’environnement.

Ce sont les organisations sectorielles Creamoda, Febelsafe et FBT qui ont tiré la sonnette d’alarme: le traitement antibactérien appelé SILVADUR 930 comporte des risques. Son utilisation est ‘très controversée’ si l’on en croit la Fédération belge de la mode (Creamoda), celle des fabricants, distributeurs, fournisseurs de services et utilisateurs finaux professionnels en matière de sécurité et de bien-être (Febelsafe) et la Fédération belge de l’entretien et du textile (FBT).

Pourquoi ? Car l’utilisation excessive de ce biocide (ions d’argent) pour rendre ces masques ‘propres’ favoriserait la création de super-bactéries. Des bactéries qui pourraient alors se répandre dans la nature et être résistantes à tout type d’antibiotiques. De plus, les stations d’épuration risquent ne plus fonctionner, car ce biocide ne ferait pas la distinction entre les bonnes et les mauvaises bactéries.

Les trois organisations notent que 60% des particules d’argent sont libérées dans la nature après une dizaine de lavage. Des particules si petites qu’elles peuvent pénétrer au plus profond de nos cellules.

‘Très répandu’ et ‘sûrs’

Faux, rétorquent la Défense et le SPF Santé publique dans un communiqué. ‘La technique utilisée, mieux connue sous le nom de traitement antimicrobien SILVADUR 930 ou traitement au nitrate d’argent, est une technologie reconnue, bien documentée, parfaitement sûre pour la santé et très répandue.’

De son côté, la société Avrox, qui a déjà fait l’objet de critiques car ses 15 millions de masques ne sont pas lavables à 60°C (recommandation du CNS), se défend au JT de la RTBF: ‘Ces masques sont sûrs. Ils ont été testés, vérifiés. Concernant le lavage, il est clair qu’avec un bon détergent, laver ces masques à 30 °C suffit pour qu’ils soient désinfectés.’ La société luxembourgeoise dit en outre avoir suivi les instructions de la Défense à la lettre.

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