Nouveau cri d’alarme de la Banque Nationale sur les finances publiques belges: « Les déficits budgétaires sont insoutenables »

Dans ses prévisions de printemps, la Banque nationale (BNB) prévient que la dette publique belge va encore augmenter. La conséquence la plus inquiétante de cette situation est qu’en cas de nouvelle crise économique majeure, il n’y aura plus de marge pour des mesures de crise.

En 2019, tout semblait plutôt bien parti : les recettes des autorités belges étaient exactement les mêmes que leurs dépenses. Seuls les frais d’intérêt ont laissé un déficit budgétaire de 2 % du produit intérieur brut (PIB). Mais la crise sanitaire a ensuite éclaté, entraînant d’importants déficits budgétaires de 9 % en 2020 et de 5,5 % en 2021.

Sommes-nous en train de revenir à des niveaux plus sains ? Non, disent les projections économiques de la Banque nationale. À politiques inchangées, les déficits atteindront 4,5 % cette année et l’année prochaine, et jusqu’à 5 % en 2024.

Dette publique à 111% du PIB

Toutefois, d’ici là, les coûts liés à la crise énergétique et à la guerre en Ukraine (accueil des réfugiés, augmentation des dépenses de défense) devraient s’être largement stabilisés. Mais d’autres coûts feront grimper les dépenses budgétaires : il s’agit principalement de ceux liés au vieillissement de la population, tels que les pensions et les coûts des soins de santé.

En conséquence, la dette nationale risque de passer de 105 % du PIB cette année – ce qui est déjà au-dessus de la barrière psychologique des 100 % – à près de 111 % en 2024.

Un niveau d’endettement élevé ne doit pas être un problème en soi, tant qu’il n’y a pas de crise majeure. Mais si c’étaot le cas, la Belgique sera piégée, prévient le gouverneur Pierre Wunsch, car il n’y aura plus de marge de manœuvre pour les mesures anti-crise. « Il n’y aura plus de tampon pour absorber un autre choc ».

La Banque nationale répète donc un message familier : le gouvernement belge doit de toute urgence réduire les déficits budgétaires afin de créer une plus grande marge de manœuvre financière. Cela devient d’autant plus urgent que les taux d’intérêt – et donc la charge sur les intérêts pour le gouvernement – augmentent à nouveau.

« Amélioration à l’horizon »

Toujours selon les prévisions du printemps, les nuages d’orage sur l’économie belge disparaîtront en grande partie à l’automne 2022, avec le retour d’une « inflation normale » et une croissance économique actuellement au point mort.

L’impact sur le pouvoir d’achat des ménages devrait – en moyenne – être très limité, grâce notamment à l’indexation automatique des salaires.

Compétitivité

L’indexation crée toutefois un problème de coût du travail pour les entreprises. Après tout, il n’est pas certain que les coûts salariaux chez nos principaux partenaires commerciaux augmentent aussi rapidement. Si tel n’est pas le cas, les entreprises belges risquent de subir un désavantage concurrentiel supplémentaire dans leur compétition internationale.

« Par le biais des mécanismes d’indexation, les prix élevés ont un impact important sur le coût du travail, qui devrait augmenter de plus de 14 % d’ici 2024. Cette hausse sans précédent des coûts salariaux menace la compétitivité-coût de l’économie belge », avertit la BNB.

(BL)

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