Noshaq (ex-Meusinvest) craint l’impact de la crise du Covid-19 sur ses investissements dans l’économie liégeoise

Jean-Michel Javaux, , président du conseil d’administration de Noshaq. Credit : Frederic Sierakowski / Isopix

Parmi la cinquantaine de dossiers d’investissements traités par Noshaq (ex-Meusinvest) durant la période de crise du Covid-19 (19 mars au 30 juin), quinze étaient directement liés à la crise, soit pour des opportunités saisies par des sociétés soit pour des refinancements ou difficultés de trésorerie, a indiqué jeudi Gaëtan Servais, directeur général de Noshaq. Si le fonds liégeois d’investissement n’enregistre pas un nombre de faillites plus élevé au sein de son portefeuille qu’à l’accoutumée, il s’attend toutefois à davantage d’impact sur l’économie liégeoise en 2021.

Durant cette période de crise, Noshaq a organisé 27 comités de direction afin de soutenir les sociétés de son portefeuille et ainsi les aider à franchir ce cap difficile. Parmi les décisions prises, un moratoire a été accordé à 51 sociétés et 82 prêts ont ainsi été concernés. Sur les 54 dossiers d’investissements traités, 15 étaient directement liés à la crise du Covid-19 et ce, pour un montant d’environ 11,6 millions d’euros. Certains dossiers portaient sur des opportunités saisies par des sociétés, notamment de biotechnologie, tandis qu’il s’agissait de refinancements ou de difficultés de trésorerie pour d’autres.

2021

« Si les moratoires constituaient une bulle d’oxygène pour ces sociétés, cela n’a fait que reculer l’impact et donc ne donne pas une image fiable des conséquences de la crise du Covid-19 sur les sociétés, d’autant plus qu’il y a également eu des aides de la Région et du fédéral. Difficile de dire actuellement quelle sera l’ampleur de l’impact mais, comme les entrepreneurs, nous sommes inquiets pour 2020 mais surtout 2021. Si bien que nous travaillons à la révision des business models des entreprises », relève Gaëtan Servais, ajoutant que les difficultés seront sans doute variables d’un secteur à l’autre.

Ainsi, le numérique et le biotech ont tendance à résister mieux que les secteurs traditionnels.

Avec un résultat net qui devrait tourner autour des 10 millions d’euros pour l’exercice 2019-2020, Noshaq se dit prêt à aider les entreprises à franchir ce cap difficile de la crise du coronavirus. Depuis 1985, ce sont 888 sociétés qui ont été soutenues. En tant que société de gestion de fonds, depuis deux ans, Noshaq a atteint un nouveau record avec 136,2 millions d’euros investis sur l’exercice 2019-2020. Pas moins de 77 % ont été investis dans les secteurs stratégiques, à commencer par le biotech à hauteur de 33 millions d’euros.

1 milliard investi en 5 ans

« On dépasse le montant global de 1 milliard investi dans l’économie liégeoise, dont un peu plus de 500 millions sur les cinq dernières années », souligne Jean-Michel Javaux, président du conseil d’administration de Noshaq. « Sur les 462 sociétés que compte le portefeuille de Noshaq, nous sommes présents au capital de 279 entreprises. Une proportion qui a augmenté ces dernières années. Nous entendons poursuivre notre rôle de levier pour permettre aux entreprises wallonnes de grandir. »

Sur l’exercice 2019-2020, 52 nouvelles entreprises sont entrées dans le portefeuille de Noshaq tandis que 37 en sont sorties. Ce qui représente un taux de rotation annuel de 12 %.