C’est une journée bien remplie, au siège de l’OTAN à Evere. Le Groupe de contact pour la défense de l’Ukraine, qui regroupe 40 pays ayant fourni des armes ou d’autres formes de soutien au pays envahi, se réunit d’abord avec le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiy Reznikov. Ensuite, les envoyés de pays non membres de l’OTAN quittent la table, et le club est réservé à ceux de l’Alliance.
L’essentiel : la réunion de cette UDGC, également appelée format Ramstein, du nom de la base aérienne américaine en Allemagne où ces pays se sont assis pour la première fois autour de la table, devrait être entièrement consacrée aux avions de combat.
- L’Ukraine demande depuis longtemps des avions modernes. Le président Zelensky a d’ailleurs effectué sa tournée européenne la semaine dernière pour faire pression en ce sens. Auprès des Britanniques, il a demandé des Eurofighter Typhoon, tandis que les Français étaient invités à faire don des Dassault Mirage 2000, désormais obsolètes au sein de l’armée de l’air tricolore.
- Les deux pays se sont abstenus, mais ont proclamé qu’ils allaient lancer des programmes de formation pour les pilotes ukrainiens. Un programme similaire est en cours depuis plusieurs mois pour le F-16, l’avion qui figure en tête de la liste de souhaits de Zelensky. Plusieurs pays, dont les Pays-Bas, étudient la possibilité de faire don de leurs F-16, qui sont retirés progressivement du service. La demande officielle de l’Ukraine a déjà été déposée sur le bureau de la ministre néerlandaise de la Défense, Kajsa Ollongren, mais elle voit encore quelques obstacles avant que les Pays-Bas ne procèdent effectivement à la livraison.
- Il ne sera toutefois pas question de F-16 belges. Le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) a déjà fermé cette porte la semaine dernière, lors de la réunion du Conseil européen. « Nous avons nous-mêmes besoin des F-16 belges, pour défendre l’OTAN. Il y a d’autres choses pour lesquelles nous pouvons vous aider. »
- Même son de cloche au sein du cabinet de la ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS) : les F-16 sont toujours en service actif, et servent à protéger l’espace aérien de l’OTAN. Ce n’est que lorsque les premiers F-35 seront livrés à l’armée de l’air belge que les F-16 pourront être retirés du service. Les premiers appareils seront livrés à la Belgique à la fin de cette année, mais ils resteront sur la base aérienne de Luke, dans l’État de l’Arizona, où les pilotes et les techniciens belges seront alors formés à leur usage. Ce n’est qu’en 2025 que l’avion sera effectivement déployé en Belgique.
À noter également : en marge de la réunion, la question de la « coalition des chars » est également sur la table.
- Plusieurs pays, dont la Pologne et l’Allemagne, ont déjà promis de fournir des chars Leopard 2. Il faut maintenant encourager d’autres pays à accepter de céder leurs chars.
- En outre, les pays de l’OTAN discuteront également des stocks de munitions : ceux-ci ont sérieusement été entamés au cours des derniers mois, principalement en raison des dons à l’Ukraine, et l’industrie peut à peine répondre à la demande. Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a indiqué à la veille de la réunion de Bruxelles que des travaux sont en cours pour trouver une solution : « Oui, nous sommes confrontés à un défi. Oui, nous avons un problème, mais nous avons aussi une stratégie pour le résoudre ».
MB