Malgré une légère inflexion, la Belgique est à ‘quelques jours’ d’un manque de lits en soins intensifs

Un patient, potentiellement atteint par le coronavirus, hospitalisé au CHU Saint-Pierre de Bruxelles. (EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ)

Le bilan quotidien du SPF Santé est tombé. Le nombre de décès et de cas poursuit son ascension. Le nombre de patients en soins intensifs est toujours en progression, mais a connu une légère baisse. Trop tôt pour parler de renversement de la situation.

  • Venons-en d’abord aux chiffres bruts ces dernières 24 heures: 1702 nouveaux cas détectés, 78 décès, 629 hospitalisations et 78 patients en soins intensifs.

  • Au niveau du bilan total: 10.836 cas déclarés, 431 décès, 4.138 personnes hospitalisées et 867 patients en soins intensifs.

  • Depuis le 15 mars, 1.359 personnes sont sorties des hôpitaux guéries.

Analyses

Le SPF Santé pense que les mesures de confinement ne seront pas encore visibles immédiatement. Ce qui les pousse à dire que ‘le nombre de cas sur notre territoire continue à augmenter, cette tendance s’accentuera encore dans les prochains jours. Le nombre d’hospitalisations va également continuer à augmenter.’

Pour le nombre de cas, c’est lié au nombre de tests. 3.000 actuellement, plutôt que 1.000 à 2.000 les semaines précédentes. Le ministre De Backer (Open VLD) a de nouveau annoncé ce dimanche 10.000 tests par jour à courte échéance.

Ce qui pose toujours le plus de problèmes, c’est la disponibilité des lits en soins intensifs. La Belgique en compte 2.650, mais certains d’entre eux ne sont pas disponibles, car ils sont réservés pour des patients qui ne sont pas concernés par le Covid-19. Ce qui porte le total à 1.900 lits en fait.

45% des lits en soins intensifs sont occupés. Ce qui fait dire au professeur de l’ULiège, Nicolas Vandewalle, que la saturation devrait arriver ‘dans quelques jours’ si le modèle reste inchangé.

On note toutefois une inflexion non négligeable. Mais cette tendance doit encore se confirmer dans les prochains jours.

Même son de cloche du côté de Marius Gilbert, épidémiologiste au FNRS