L’ultime décision de Barcelone pour mettre fin aux logements AirBnB? Les supprimer

Barcelone (Isopix)

Le phénomène AirBnB exaspère de nombreuses grandes villes. Il fait baisser en flèche le nombre de logements pour les habitants. Barcelone se bat depuis des années contre ce type de logement. Les précédentes mesures n’ayant pas encore eu assez d’effet, la ville catalane s’apprête à les supprimer totalement.

C’est en tout cas la dernière proposition du bureau de la maire de Barcelone, Ada Colau. La mesure interdirait les locations qui durent seulement quelques jours. La durée d’une location à Barcelone devra être de minimum 30 jours, si la mesure est adoptée par le conseil communal.

Dans les faits, cette règle est déjà en vigueur depuis août 2020. Mais cela ne devait être que temporaire. Il s’agissait d’une mesure en réaction à la loi du gouvernement catalan sur les logements touristiques. Mais aujourd’hui, Ada Colau veut en faire une loi permanente.

Une guerre de longue durée

Barcelone est une ville qui subit son succès touristique. Depuis de nombreuses années, le nombre de personnes visitant la ville a explosé. Les appartements privés qui logent ses nombreux touristes ont, selon la maire, ont créé une pénurie de logements et ont fait grimper les prix dans certains quartiers de la ville.

Dès 2011, Barcelone prenait ses premières mesures contre les appartements privés réservés aux touristes. Les appartements entiers qui étaient proposés à la location devaient recevoir une autorisation de la ville. Ce système a été ensuite remplacé en 2018 par un système d’identification en partenariat avec AirBnB et les autres plateformes du même style. Tous les logements qui étaient proposés à la location devaient donner leur numéro d’identification. Il était alors plus simple pour les autorités de la ville de reconnaitre les personnes qui contournaient les lois. Le nombre de logements touristiques privés à diminuer de 940 dans le centre-ville depuis 2017, explique Bloomberg. Mais il a augmenté dans les quartiers avoisinants.

Cet été, Barcelone comptait sur le règlement, décidé pour toute la région par le gouvernement catalan, pour imposer des règles strictes sur ces logements. Mais la Catalogne a décidé que les logements loués – même pour moins de 30 jours – n’avaient pas besoin d’avoir une licence. Mécontente de cette décision, la commune de Barcelone a adopté un moratoire d’un an sur la location de logement pour une durée de moins d’un mois.

La commune a maintenant 3 mois pour consulter les citoyens et décider si la mesure se prolongera indéfiniment ou si elle prendra fin à la fin de juillet 2021. La population barcelonaise est toutefois généralement favorable aux mesures contre le tourisme de masse.

Réaction d’AirBnB

Bien qu’elle ne soit pas la seule plateforme de locations d’hébergements privés, AirBnB est principalement visée par les mesures prises par les autorités catalanes. À l’annonce d’une pérennisation de la mesure actuelle, la firme a souhaité défendre ceux qui louent une partie de leur maison pour obtenir un revenu supplémentaire.

En effet, la nouvelle mesure de Barcelone a pour but d’éviter que des fraudeurs déclarent un logement hébergé, alors qu’il n’habite pas dedans. Ce type de logement propose aux touristes de partager le logement d’une famille, en dormant, par exemple, dans une chambre d’amis. Le touriste n’a donc pas accès à un logement pour lui tout seul, mais il le partage avec les personnes qui y sont domiciliées.

Barcelone assure qu’elle veut surtout empêcher les fraudeurs de se domicilier dans le logement qu’ils louent, tout en vivant ailleurs. Mais dans les faits, aujourd’hui, il n’y a pas encore de protection pour les personnes qui cherchent un petit complément de revenu dans la plus stricte légalité, en proposant un logement hébergé.