Principaux renseignements
- L’OTAN est passée d’une surveillance aérienne passive à un dispositif de défense aérienne active pour les pays baltes.
- Les pilotes disposent désormais d’une plus grande autonomie pour neutraliser immédiatement les menaces aériennes.
- Les pays baltes s’appuient sur la sécurité collective, car ils ne disposent pas de leur propre flotte d’avions de chasse.
Récemment, des F-16 de l’armée de l’air turque, opérant depuis la base aérienne d’Amari en Estonie, ont mené une mission visant à neutraliser un drone russe qui avait violé l’espace aérien balte.
Cette opération s’inscrivait dans une série d’interceptions, dont un autre cas où des chasseurs turcs ont coopéré avec des Eurofighter Typhoon italiens depuis la Lituanie pour suivre un drone présumé russe au-dessus de la Lettonie. Ces manœuvres sont coordonnées par le Commandement allié à Ramstein et le Centre d’opérations aériennes combinées à Uedem, en Allemagne.
De la surveillance aérienne à la défense aérienne
Ces événements témoignent d’une réorientation stratégique de l’initiative « Baltic Air Policing » (BAP) vers un cadre plus large connu sous le nom de « Baltic Air Defense » (BAD). Alors que la mission précédente était principalement axée sur la surveillance et l’accompagnement, le mandat révisé répond aux tensions régionales accrues. Il s’agit notamment des trajectoires de vol agressives de la Russie et des drones non autorisés.
Dépendance vis-à-vis de la sécurité collective de l’OTAN
La nécessité de cette présence internationale découle du fait que l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ne disposent pas des flottes de chasse nécessaires pour sécuriser leur propre espace aérien. Bien que ces trois pays aient augmenté leurs budgets militaires, avec des objectifs fixés à 5 pour cent de leur PIB d’ici 2035, la charge financière liée à l’acquisition et à l’exploitation d’une force aérienne moderne est insurmontable pour leurs petites économies.
Ils s’en remettent donc au parapluie de sécurité collective de l’OTAN. Cette coopération a débuté en 2004 avec le renforcement des capacités en Lituanie et s’est étendue à l’Estonie en 2014, après l’occupation russe de la Crimée.
Règles d’engagement actualisées
Dans le nouveau cadre du BAD, les règles d’engagement applicables aux pilotes ont été considérablement assouplies. Les équipages de l’OTAN disposent désormais d’une plus grande autonomie opérationnelle et d’une autorisation explicite de neutraliser les menaces aériennes si nécessaire, ce qui a effectivement levé les restrictions qui existaient pendant la phase de surveillance en temps de paix.
Préparation régionale
Sur le plan logistique, les alliés de l’OTAN continuent d’assurer la rotation de leur personnel et de leurs appareils tous les quatre mois. Actuellement, cinq F-16 turcs sont stationnés en Estonie jusqu’au début du mois de novembre. Des efforts défensifs similaires sont déployés dans les Balkans ; par exemple, des F-18 et des hélicoptères NH-90 espagnols sont déployés en Roumanie, où ils ont récemment collaboré avec des F-16 roumains pour contrer des incursions de drones près de la frontière ukrainienne.
Selon la porte-parole de l’OTAN, Allison Hart, ces mesures de préparation constante garantissent que l’Alliance puisse répondre aux menaces 24 heures sur 24 afin de protéger les territoires de ses membres. (lv)
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