L’Open VLD, prêt à torpiller l’accord PS/N-VA: ‘Nous n’allons pas calquer le pays sur le modèle grec’

Dans l’ombre de la crise sanitaire et des Conseils nationaux de sécurité successifs, PS et N-VA travaillent à plein régime sur un accord. Un accord qu’ils présenteront d’abord à l’Open VLD, un parti absolument nécessaire à leurs yeux. Mais la réponse devrait être radicale de la part d’Egbert Lacheart: ‘Nous n’allons pas plonger le pays dans la situation de la Grèce, avec un déficit budgétaire explosif, un programme semi-communiste et une structure étatique encore plus compliquée’.

597 jours après la chute du gouvernement Michel, nous n’avons sans doute jamais été aussi près d’avoir un gouvernement de plein exercice. C’est un fait: Paul Magnette (PS) et Bart De Wever (N-VA) ont passé un deal ensemble. Ce qui paraissait impensable durant des mois est en train de se produire. Les présidents du PS et de la N-VA doivent rendre un rapport intermédiaire au roi ce vendredi.

Tout n’est pas encore dessiné bien sûr, certains dossiers bloquent. On ne rassemble pas deux vieux ennemis en un claquement de doigts. Même si ce n’est évidemment pas la première fois que les hommes forts de Charleroi et Anvers se rencontrent: ‘Des centaines d’heures à discuter’, avait même admis Paul Magnette il y a peu.

Preuve que les négociations avancent bien, le duo va rendre visite au président des libéraux flamands pour un premier tour de table. Avant de rendre visite aux démocrates-chrétiens (cdH et CD&V).

L’alliance MR/Open VLD testée

Mais quid du MR? Comme toujours dans un projet de coalition, on se compte. Or PS et N-VA forment déjà 43 sièges. Si on y ajoute le sp.a, cela porte le total à 52. Avec les 12 sièges du CD&V et les 5 sièges du cdH, cela fait 69 sièges. Trop court pour former une majorité sans les libéraux. Mais pas forcément avec les deux non plus.

La personnalité et la méthode de travail de Georges-Louis Bouchez ne seraient pas étrangères à cette situation, alors que le MR est au centre du jeu depuis des mois. Côté francophone, on connait bien sûr la rivalité entre le président du MR et Paul Magnette. Si dans chaque camp, certains ont plaidé pour une grande alliance entre les deux partis historiques, dans les faits, les deux présidents se sont souvent tirés dans les pattes au cours des négociations.

En Flandre, Bart De Wever ne cache plus trop son énervement par rapport aux libéraux francophones. La tension est palpable, notamment sur le volet épidémique entre Anvers et le fédéral. Plus surprenant: au sein même de l’Open VLD, la personnalité du Montois énerve: ‘C’est quelqu’un avec qui vous pouvez passer plusieurs heures avec le sourire’, mais en même temps ‘il peut vous trahir devant vous’, nous indique une source dans les négociations. ‘Il est fatigant, très fatigant’, nous précise une autre.

Reste que les deux présidents libéraux ont plusieurs fois affirmé que le destin de leur famille politique serait lié. Comme dans cet extrait du JT de VTM, partagé ce mardi par Georges-Louis Bouchez sur tous les réseaux sociaux. Tout sauf un hasard: il faut faire passer le message que tout baigne entre partis frères.

Pas de chèque en blanc

Cette alliance, elle sera donc testée par le duo PS/N-VA. La réunion avec l’Open VLD est prévue pour aujourd’hui. Premier élément de réponse: l’Open VLD est très rebuté par le potentiel contenu d’une tel mariage des contraires: ‘Jusqu’où vont-ils aller avec leur institutionnel? Nous n’allons pas plonger le pays dans la situation de la Grèce, avec un déficit budgétaire explosif, un programme semi-communiste et une structure étatique encore plus compliquée’, nous indique-t-on au siège de l’Open VLD.

Une attitude assez paradoxale: pendant des mois, la ligne d’Egbert Lachaert n’a cessé de plaider pour un scénario bourguignon. En interne, il a combattu intensément la ligne arc-en-ciel de l’ex-présidente Gwendolyn Rutten.

D’un autre côté, l’Open VLD n’est pas là pour signer un chèque en blanc aux deux plus importants partis du pays. Après tout, lors des négociations de l’Arizona (sans le PS), le sp.a a posé des conditions sur tous les points: ‘Nous devrions accepter en l’état un texte que nous n’avons pas négocié?’, réplique une source libérale.

De là à rejeter la proposition de gouvernement PS/N-VA et de prendre dans leur jeu le Zwarte Piet? Ou bien est-ce une volonté de l’Open VLD de la jouer dur dans les négociations?

‘Il existe encore des alternatives’, glisse un libéral. Il nous revient que le scénario d’un gouvernement d’urgence d’un an est à nouveau sur un coin de table du côté des libéraux. Avec un certain nombre de ministres qui pourraient être remplacés. En ce compris la Première ministre.

La politique belge prend son temps, mais elle ne manque certainement pas de créativité.

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