Principaux renseignements
- Les établissements médicaux européens recourent de plus en plus à l’IA, malgré un manque criant de contrôle réglementaire, met en garde l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
- Les algorithmes non réglementés mettent en danger la sécurité des patients en raison de données biaisées et d’erreurs de diagnostic.
- L’OMS prévoit d’élaborer d’ici 2028 une feuille de route complète sur l’IA dans le domaine de la santé afin de combler les lacunes stratégiques et éducatives.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a mis en évidence un décalage critique entre l’adoption rapide de l’intelligence artificielle dans les établissements médicaux européens et l’absence de contrôle régissant ces technologies.
Alors que l’IA transforme actuellement les soins de santé en optimisant les flux de travail et en améliorant les diagnostics, Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe, met en garde contre l’absence de cadres réglementaires dans la majorité des pays.
L’absence de directives en matière d’IA augmente le risque d’erreurs médicales
S’exprimant lors d’une conférence de presse à Lisbonne le 15 juillet, Kluge a identifié ce décalage entre la mise en œuvre de l’IA et sa gouvernance comme le principal obstacle auquel est confrontée la médecine moderne. Il a souligné que l’absence de lignes directrices accroît le risque d’erreur humaine. Par exemple, des algorithmes défectueux ou biaisés pourraient conduire à des diagnostics erronés ayant de graves conséquences concrètes pour les patients.
Un déficit de préparation stratégique
Les données statistiques révèlent un contraste saisissant dans le niveau de préparation des 53 États membres de l’OMS pour l’Europe. Bien que les deux tiers de ces pays utilisent l’IA à des fins de diagnostic et que la moitié d’entre eux aient intégré des chatbots destinés aux patients, seuls environ 8 pour cent ont mis en place une stratégie spécifique à l’IA dans le domaine de la santé.
De plus, environ 40 pour cent de ces pays ne disposent pas de protocoles éthiques régissant l’utilisation de l’IA en milieu clinique.
Lacunes dans l’enseignement
Ces lacunes s’étendent au développement professionnel. Seuls 20 pour cent des pays proposent une formation à l’IA aux étudiants en médecine et à peine 25 pour cent offrent une formation continue aux praticiens en activité. Kluge a qualifié cette situation d’alarmante, soulignant que de telles défaillances systémiques compromettent non seulement la sécurité des patients, mais sapent également la confiance du grand public dans les établissements de santé.
Pour remédier à ces problèmes, l’OMS prévoit de présenter une feuille de route complète sur l’IA et la santé d’ici 2028.
(at)
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