L’Iran est‑elle isolée à cause de l’affaiblissement de ses alliances ?


Principaux renseignements

  • Les alliances régionales de l’Iran se sont considérablement affaiblies ces dernières années, laissant le pays avec des options de soutien limitées.
  • La Russie et la Chine, bien qu’elles condamnent les attaques contre l’Iran, sont peu susceptibles d’offrir une aide militaire substantielle en raison de leurs propres priorités géopolitiques.
  • Le Hezbollah, bien qu’affaibli, reste un atout stratégique précieux pour l’Iran en raison de sa proximité avec Israël et de sa capacité à lancer des attaques.

L’Iran a connu un déclin de ses alliances régionales au cours des deux dernières années. L’« axe de la résistance », une coalition formée par l’Iran avec des groupes régionaux, s’est considérablement affaibli. Le gouvernement syrien, autrefois un allié clé, n’est plus dirigé par le président Assad. Le Hamas, le groupe militant palestinien, a été gravement affaibli par son conflit avec Israël. Le Hezbollah, un autre allié crucial, a subi une perte dévastatrice avec la mort de son chef. RTL Nieuws nous présente un résumé.

Alliés symboliques

Les alliés restants de l’Iran sont limités, ce qui soulève des questions quant à savoir qui peut lui apporter son soutien dans le conflit actuel. Les rebelles houthis au Yémen constituent une source d’aide potentielle. Dans le passé, les Houthis ont soutenu l’Iran, mais ils n’ont encore pris aucune mesure concrète. Les experts suggèrent qu’il pourrait être difficile de coordonner les efforts avec l’Iran compte tenu des récentes pertes subies au niveau de son leadership. De plus, les Houthis sont confrontés à des défis militaires internes et craignent d’éventuelles représailles de la part des États-Unis, d’Israël et d’autres pays s’ils s’engagent à soutenir l’Iran. Bien que le chef houthi Abdul-Malik al-Houthi ait condamné les attaques contre l’Iran et appelé à des manifestations à Sanaa, ces actions restent largement symboliques. Le monde islamique tout entier doit être solidaire du peuple musulman iranien et de la République islamique », a-t-il encore déclaré.

La Russie, bien qu’elle condamne les attaques contre l’Iran, est peu susceptible d’apporter un soutien militaire significatif. La guerre en cours en Ukraine est la priorité absolue de Moscou, et toute intervention en faveur de l’Iran pourrait aggraver les tensions avec Israël, un scénario que la Russie voudrait probablement éviter. En dehors d’une condamnation au Conseil de sécurité de l’ONU, la Russie ne fera probablement rien de plus. L’an dernier, la Russie et l’Iran ont signé un accord de coopération stratégique renforçant leur collaboration économique, militaire et politique, mais il ne prévoit pas d’intervention militaire en cas d’attaque contre l’un des deux pays.

Les liens économiques de la Chine

La Chine, partenaire économique majeur de l’Iran, a également condamné les attaques. Si l’Iran exporte une quantité importante de pétrole vers la Chine, celle-ci ne représente qu’une part relativement faible des importations totales de pétrole de la Chine. Sur ce plan, la Chine n’est pas dépendante de l’Iran. En revanche, l’Iran a à plusieurs reprises acheté ou cherché à acheter des missiles et d’autres matériels militaires chinois, ce qui montre une coopération croissante dans le domaine de l’armement. Historiquement, la Chine s’est généralement abstenue de s’allier militairement ou d’intervenir dans les conflits d’autres pays, avec une exception notable lors de la guerre de Corée au début des années 1950.

Malgré son affaiblissement dû aux incursions israéliennes et aux efforts de désarmement du gouvernement libanais, le Hezbollah reste un atout précieux pour l’Iran. Bien que son arsenal de roquettes ait diminué, le Hezbollah a démontré sa capacité à frapper des cibles en Israël. Sa proximité avec la frontière israélienne en fait un outil stratégique pour l’Iran afin d’exercer une pression sur Israël.

Forces par procuration en Irak

De petites milices en Irak, fortement influencées par l’Iran, ont lancé des attaques contre Israël et les États-Unis. Des groupes tels que « Islamitisch verzet in Irak » et Saraya Awliya al Dam (SAD) ont revendiqué respectivement des frappes de drones et des attaques contre des militaires américains. Ces actions démontrent la capacité de l’Iran à mobiliser des forces par procuration dans la région pour riposter à ce qu’il considère comme des agressions. (fc)

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