Statbel a délivré les données du marché du travail au 2e trimestre 2023. Le nombre d’emplois diminue tout comme le nombre de chômeurs. Ce qui ne veut dire qu’une chose : le nombre d’inactifs grandit encore.
L’inactivité reste un fardeau pour le marché du travail en Belgique

Pourquoi est-ce important ?
Alors que la Vivaldi s'est fixé pour objectif d'aller vers les 80% de taux d'emploi, on en est encore très loin. Le taux de chômage reste un problème à Bruxelles et en Wallonie. Mais la plus grosse zone d'ombre du marché du travail réside dans les inactifs. Il s'agit des personnes en âge de travailler qui bénéficient de l’assurance-maladie, qui ont un statut de prépensionnés ou qui bénéficient du revenu d’intégration sociale (CPAS). Le nombre d'inactifs augmente et ceux-ci restent inactifs plus longtemps.Dans l’actu : Statbel publie les chiffres du marché de l’emploi.
- Le taux d’emploi : au deuxième trimestre 2023, 71,4% des 20-64 ans étaient au travail en Belgique, ce qui représente une baisse par rapport au premier trimestre (72,1%).
- Le taux d’emploi baisse dans chacune des Régions, entre 0,9 et 1,1%. Le taux d’emploi en Wallonie (64,3%) et à Bruxelles (65,3%) reste ainsi nettement inférieur à celui observé en Flandre (76,6%).
- Le taux de chômage atteint 5,5% au deuxième trimestre 2023. Il est en légère baisse après être resté stable à 5,7% au cours des quatre derniers trimestres. Le taux de chômage des jeunes est aussi en baisse à 13,9%, alors qu’il était de près de 20% en 2021.
- En Flandre, le taux de chômage augmente légèrement pour passer à 3,3%. En Wallonie, le taux de chômage baisse, il est passé de 8,8% au premier trimestre 2023 à 7,9% au deuxième trimestre 2023. C’est la première fois en 3 ans que le taux de chômage passe en dessous des 8% dans le sud du pays. À Bruxelles, le chômage baisse très légèrement, et passe de 11,4% à 11,3% entre les premier et deuxième trimestres 2023.
- Il n’y a pas de quoi se réjouir, car avec un chômage qui baisse et un taux d’emploi qui fait de même, cela veut dire, qu’à population stable, le nombre d’inactifs augmente, ce qui est le cas : +96.000 inactifs contre une hausse de la population de 26.000. Le taux d’activité (15-64 ans) a diminué dans les 3 Régions, mais c’est en Wallonie que se situe la plus forte baisse : -1% en Flandre (73,5%), -0,8% à Bruxelles et -1,4% (63,8%). Il y a donc presque 10% d’écart entre la Wallonie et la Flandre. La Belgique compte 2.249.000 personnes inactives âgées entre 15 et 64 ans.
Zoom avant : les inactifs sont inactifs plus souvent qu’aux trimestres précédents, selon Statbel.
- 91,8% des personnes qui ont été inactives au deuxième trimestre 2022 le sont toujours au deuxième trimestre 2023. Attention, Statbel reprend dans ses stats les 15-74 ans. Il y a donc en partie des étudiants et des retraités. Mais lors des précédents trimestres, « ce pourcentage était toujours inférieur à 90% », écrit Statbel.
- Entre le 2e trimestre 2022 et le 2e trimestre 2023, 26,7% des chômeurs ont versé dans l’inactivité, c’est un petit peu moins que ceux qui ont retrouvé le chemin du travail (28,9%). Et seuls 6% des inactifs ont retrouvé un travail alors que 2,2% sont repassés sous le statut de demandeur d’emploi.

- Certains autres chiffres restent éloquents sur l’inactivité : entre 2017 et maintenant, 67% des personnes inactives âgées de 25 à 34 ans sont restées inactives. Ce chiffre ne fait ensuite qu’augmenter avec l’âge : 74% pour les 35-44 ans, 84,2% pour les 45-54 ans et 88% pour les 55-64 ans.

- Là encore, le sud du pays se démarque : les habitants de la Région wallonne représentent 31,2% de la population belge, mais 40,7% des inactifs âgés de 25 à 54 ans. Les habitants de la Région flamande représentent 56,5% de la population belge, mais 42% des inactifs. Pour la Région de Bruxelles-Capitale, ces chiffres sont de 12,3% et 17,3% respectivement.