Les indépendants courent cinq fois plus de risques de tomber dans la pauvreté que les salariés. C’est ce qui ressort d’une analyse du SPF Sécurité sociale. C’est la première fois que le service public évalue le risque de pauvreté des indépendants en Belgique.
Principaux renseignements
- Plus d’un indépendant sur dix en Belgique risque de tomber dans la pauvreté.
- Chez les salariés, ce risque concerne près de 3 pour cent. Le risque de pauvreté est donc cinq fois moins élevé chez les salariés que chez les indépendants.
- « Bien que les indépendants courent statistiquement un risque plus élevé de pauvreté monétaire, ils le ressentent moins dans la pratique », remarque la ministre Simonet, ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME.
Dans l’actualité : selon les chiffres de l’office statistique européen Eurostat, analysés par le SPF Sécurité sociale, les indépendants (âgés de 18 à 64 ans) ont un risque de pauvreté de 14,2 pour cent. Ce pourcentage est quatre fois plus élevé que celui des salariés (2,8 pour cent).
- Il s’agit ici spécifiquement de la pauvreté monétaire, où le niveau de vie est évalué sur la base du revenu de l’ensemble du ménage. D’autres sources de revenus que le salaire, telles que les dividendes provenant d’actions, sont également prises en compte.
Remarque : alors que le risque de pauvreté monétaire chez les indépendants était beaucoup plus élevé que chez les salariés ces dernières années, seuls 1,4 pour cent des indépendants souffrent de privations sociales et matérielles graves. C’est deux fois moins que chez les salariés (2,8 pour cent).
- Eléonore Simonet, ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME, parle d’un paradoxe remarquable. « Bien que les indépendants courent statistiquement un risque plus élevé de pauvreté monétaire, ils en font moins l’expérience dans la pratique. Les entrepreneurs sont naturellement résilients et se débrouillent, mais cette autonomie ne doit pas devenir un angle mort de notre protection sociale », déclare-t-elle.
- La ministre a donc présenté un plan pour les PME au début de cette année. Ce plan prévoit notamment la prolongation du congé de maternité à quinze semaines et l’introduction du congé parental. « La protection sociale ne doit pas être une faveur pour les indépendants, mais un fondement de leur audace », déclare Simonet.
- Les problèmes les plus fréquemment signalés, tels que l’impossibilité de faire face à des dépenses imprévues de 1 300 euros ou de prendre une semaine de vacances par an, restent également un défi pour les indépendants, bien que dans une moindre mesure. Parmi les indépendants, 10,6 pour cent ne peuvent pas se permettre une semaine de vacances par an, contre 13 pour cent des salariés en Belgique.
Près d’un indépendant sur sept bénéficie d’une aide au revenu
Zoom : Selon le SPF Sécurité sociale, l’étude montre également que la protection sociale fait une différence pour les indépendants.
- Près d’un indépendant sur sept bénéficie d’une forme d’aide au revenu (13,9 pour cent). Dans le quintile de revenu le plus bas, ce chiffre atteint 21,9 pour cent, et pendant la crise du coronavirus, il a même atteint 72,2 pour cent pour ce groupe de revenus grâce au droit passerelle.
- « Sans protection sociale, le risque de pauvreté des travailleurs indépendants aurait été deux fois plus élevé en 2020. Selon des chiffres plus récents, les prestations sociales réduisent toujours leur risque de pauvreté de 26,9 pour cent », explique Sven Vanhuysse du SPF Sécurité sociale.
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