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Les Etats-Unis veulent contrer la “Nouvelle route de la soie” chinoise en offrant leurs propres services aux pays asiatiques

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Politique

16/11/2018 | Audrey Duperron | 5 min de lecture

Le vice-président américain, Mike Pence, a débuté une tournée en Asie qui devrait le mener au sommet de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC) qui s’ouvre demain à Port Moresby, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Il devrait y évoquer la volonté des Etats-Unis d’apporter son aide aux pays membres dans le domaine de l’infrastructure pour offrir une alternative à celle que la Chine propose dans le cadre de son initiative « One Belt, One Road ».

Ce sommet de l’APEC réunit plus d’une douzaine de pays de l’Asie du Sud-Est. Selon un officiel de haut niveau à Washington, Pence devrait y donner un discours très important dans lequel il évoquera la stratégie américaine dans la région indo-pacifique, pour suggérer à ces pays que les Etats-Unis leur offrent de meilleures options que la Chine, « qui a engagé une diplomatie de la dette dangereuse dans la région », selon cet officiel.

La « Nouvelle route de la soie »

D’après lui, l’initiative américaine mettra davantage l’accent sur le secteur privé, et donnera aux entreprises américaines l’opportunité de montrer comment « elles peuvent créer des emplois et apporter la prospérité dans la région ». 

La Chine a lancé l’initiative “Belt and Road”, aussi surnommée “Nouvelle route de la soie”, pour financer et construire des projets d’infrastructure (construction de ponts, ports, voies ferroviaires, autoroutes…) à travers le monde, afin de développer un ensemble de liaisons maritimes et terrestres entre la Chine et l’Europe. Cette route passe par le Kazakhstan, la Russie, la Biélorussie, la Pologne, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni.

One Belt, One Road s’étendra dans une soixantaine de pays à travers l’Asie, l’Europe, l’Afrique et comprendra également des liens avec l’Amérique du Sud. L’initiative devrait permettre de relier directement 65 % de la population et un quart du PIB mondial avec la Chine, a calculé McKinsey. L’objectif est de développer la coopération entre ces pays, et de renforcer la position de la Chine au plan mondial.

Un cheval de Troie pour assujettir les pays asiatiques ?

Mais Pékin est de plus en plus souvent accusée d’avoir exploité ce projet pour piéger les pays pauvres dans des dettes insoutenables afin de les assujettir. « Le projet « One Belt, One Road » est à sens unique. C’est un stratagème politique et géostratégique de la part du gouvernement chinois qui consiste à s’immiscer dans la politique des pays et à faire progresser les options d’implantation de bases militaires sous couvert de l’aide au développement », a par exemple estimé le haut responsable de la Maison Blanche.

Tout porte à croire que les arguments américains pourront facilement séduire les dirigeants de certains pays du Sud-Est asiatiques, parfois confrontés aux conséquences des engagements pris par leurs prédécesseurs dans le cadre de cette initiative. C’est en particulier le cas aux Maldives et en Malaisie, deux pays qui tentent de faire annuler les énormes contrats d’infrastructure conclus avec Pékin. Au mois d’août, le Premier ministre malaisien, Mahathir Mohamad, avait annoncé qu’il avait pris la décision d’annuler un certain nombre de contrats portant sur trois projets conclus avec des entreprises chinoises, dans le cadre de la « Nouvelle Route de la soie ». Il avait justifié cette décision par l’incapacité de son pays à les payer. Ces contrats avaient été signés en 2016 par son prédécesseur Najib Razak alors même que son gouvernement se trouvait au cœur d’un scandale de corruption.

Le Pakistan et le Sri Lanka ont quant a eux fait l’expérience que ces emprunts massifs souscrits avec des clauses peu favorables pouvaient remettre en cause la souveraineté financière et territoriale d’une nation. 

Une nouvelle politique étrangère américaine

Maintenant que les élections de mi-mandat sont passées, le président américain Donald Trump semble se concentrer sur la politique étrangère américaine. Il s’est rendu à Paris dans le cadre des commémorations de l’armistice de 1918, et à la fin de ce mois, il devrait aussi participer à la réunion du G20 en Argentine. Son secrétaire d’Etat Mike Pompeo tente de lui obtenir une nouvelle entrevue avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, tandis que Mike Pence le représente au sommet de l’APEC.  Auparavant, Pence s’était déjà rendu au Japon, à Singapour et en Australie, où il a participé au sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE ou ASEAN). 

Les révélations de ce haut responsable interviennent alors que les gouvernements américain, australien et japonais ont annoncé officiellement leur intention de collaborer ensemble au financement de projets d’infrastructure en Asie-Pacifique après la conclusion d’un accord. Pence et le Premier ministre japonais Shinzo Abe ont d’ailleurs annoncé mardi qu’ils s’étaient mis d’accord pour travailler ensemble afin de proposer 70 milliards de dollars de financement pour les infrastructures de la région.


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