Principaux renseignements
- Les entreprises européennes d’éolien quittent la Corée du Sud en raison d’une baisse des profits mondiaux et de réglementations locales contraignantes.
- La politique américaine freine le secteur et force les acteurs européens à mettre fin définitivement à leurs projets coréens.
- Les investisseurs étrangers se désistent à cause de la préférence accordée aux entreprises locales et d’un processus d’autorisation laborieux sur le marché de l’énergie durable.
Plusieurs entreprises européennes spécialisées dans l’éolien en mer ont récemment réduit leurs activités en Corée du Sud ou se sont complètement retirées. Cette tendance soulève des questions sur la faisabilité des objectifs du pays en matière de transition vers les énergies renouvelables.
Plusieurs entreprises se retirent
Corio Generation, une entreprise britannique soutenue par Macquarie, a dissous sa filiale coréenne le mois dernier après son retrait des chantiers éoliens en mer à Busan et Ulsan. De même, l’énergéticien allemand RWE a abandonné ses projets de parcs offshore dans les comtés de Taean et de Sinan plus tôt cette année.
Par ailleurs, le constructeur danois Vestas a reporté sine die la création d’une usine de turbines à Mokpo. Le norvégien Equinor a pour sa part réduit ses effectifs en Corée du Sud, une décision motivée par les incertitudes persistantes entourant un site à Ulsan.
Raisons du retrait
Shell, dont le siège se situe à Londres, a quitté le marché sud-coréen de l’éolien en mer en 2024 après avoir cédé ses parts dans un projet à Ulsan à son partenaire Hexicon. Les acteurs concernés invoquent la baisse de rentabilité du secteur mondial comme motif principal de cette décision. Par ailleurs, ce déclin est partiellement imputé aux récentes orientations politiques du gouvernement américain, lesquelles ont pesé négativement sur l’industrie.
La fermeture de Corio s’intégrait dans une restructuration majeure des activités éoliennes de Macquarie. Dans ce contexte, une tentative de vente de l’entreprise avait déjà échoué en 2025. Le retrait de Shell de Corée du Sud s’inscrit dans une stratégie mondiale de désinvestissement des projets offshore. Le géant de l’énergie a en effet également mis fin à ses opérations en Irlande et en France.
Défis rencontrés par les entreprises étrangères
Les développeurs internationaux d’éolien offshore se heurtent à la nécessité de s’accorder avec les forces armées coréennes et les populations locales avant tout déploiement. De surcroît, une certaine frustration émerge face au cadre réglementaire qui semble avantager les groupes industriels et les organismes publics nationaux. Dans cette optique, les parties prenantes pointent du doigt un système d’attribution des marchés qui avantage les fournisseurs domestiques et l’implication d’acteurs régionaux.
Les observateurs soutiennent que ces dispositions évincent les opérateurs étrangers chevronnés. Dès lors, ce contexte pourrait mettre en péril l’ambition de l’exécutif de générer trois gigawatts d’électricité par an via les parcs éoliens en mer à l’horizon 2030. (fc)
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