Ces chiffres sont tirés de l’Enquête sur les Forces de Travail (EFT) de Statbel. Pour la première fois, une variable sur la nationalité et le pays de naissance a été ajoutée.
Attention : il est à préciser que le rapport est un constat chiffré et ne revient pas sur les causes d’une sous-représentation des personnes d’origine non-européenne dans le marché de l’emploi. Qu’il s’agisse de manque de formation, de discrimination à l’embauche ou autre. « Nous tenons à souligner que les chiffres présentés ici ne sont qu’une photo d’une réalité très complexe dans laquelle divers facteurs jouent un rôle et où les relations de cause à effet ne peuvent être démontrées de manière univoque et agissent souvent dans des directions différentes », met en garde Statbel.
Dans l’actualité : L’enquête sur les forces de travail (EFT) en Belgique.
L’enquête fait une distinction selon l’origine des personnes interrogées. Dans tous les groupes, l’emploi a augmenté par rapport à 2003. Un bref aperçu :
- L’enquête montre que les personnes issues des pays de l’UE13 – les pays qui ont adhéré à l’UE après 2004 – sont le groupe de population qui travaille le plus. Ce groupe, composé principalement des Polonais, des Bulgares et des Roumains, est également plus de quatre fois plus important aujourd’hui qu’en 2003.
- Les personnes originaires d’Afrique du Nord ont le taux d’emploi le plus bas, avec 51,3 % de la population en âge de travailler et active sur le marché du travail.
- Pour chaque groupe, le taux d’emploi a augmenté de manière significative. La différence de pourcentage entre 2003 et 2022 est la plus faible pour le groupe Belgique, ce qui indique que l’écart entre la Belgique et les personnes issues de l’immigration se réduit.
2003 | 2022 | % différence | |
Belgique | 67,3% | 75,8% | +13% |
EU-14 | 61,2% | 70,9% | +16% |
EU-13 | 57,1% | 76,4% | +34% |
Candidat à l’Europe | 38,6% | 58,2% | +51% |
Ailleurs en Europe | 56,4% | 65,6% | +16% |
Afrique du Nord | 40,5% | 51,3% | +27% |
Afrique sub-saharienne | 43% | 54,3% | +26% |
Autres | 51,2% | 61,5% | +20% |
Hommes et femmes
L’écart entre les hommes et les femmes s’est aussi réduit dans tous les groupes. Parmi les femmes belges en âge de travailler, le taux d’emploi est passé de 56,8 % à 66,8 % (pour les hommes, il est passé de 72,9 % à 74,2 %).
L’augmentation la plus importante a été observée dans les pays candidats à l’adhésion à l’UE : En Belgique, il s’agit principalement de la Turquie, mais aussi de l’Ukraine. Dans ce groupe, un quart supplémentaire des femmes travaille aujourd’hui par rapport à 2003. Le taux d’emploi des femmes originaires d’Afrique du Nord est le plus bas, à 37,1 %.
Les emplois
L’enquête montre que les migrants non européens (et leurs enfants) sont sous-représentés dans les emplois de direction et les professions intellectuelles, scientifiques et artistiques.
En revanche, les personnes originaires d’un pays de l’UE13 sont surreprésentées dans le secteur de la construction. Les personnes originaires d’Afrique subsaharienne sont également surreprésentées dans le secteur de la santé et des services sociaux.
78.894 personnes ont été interrogées dans le cadre de l’enquête. Tous les chiffres sont accessibles via ce lien. Ils confirment les mauvais chiffres établis l’année dernière par Eurostat qui plaçaient la Belgique en queue de peloton, en ce qui concerne le taux l’emploi des personnes issues de l’immigration.
BL