Principaux renseignements
- L’effort de guerre de la Russie en Ukraine vacille en raison de la résilience ukrainienne et d’une technologie innovante en matière de drones.
- L’économie russe souffre d’une inflation élevée et d’un soutien public déclinant envers Poutine.
- Les inquiétudes croissantes concernant la stabilité du système financier russe menacent d’exacerber les difficultés économiques du pays.
Le vent tourne pour le président russe Vladimir Poutine, alors que tant ses efforts de guerre que l’économie russe sont en perte de vitesse. Alors qu’il envisageait initialement une victoire rapide en Ukraine, ses forces n’ont pas réussi à atteindre leurs objectifs et font désormais face à des pertes territoriales.
La résilience de l’Ukraine
La résilience de l’Ukraine, renforcée par l’aide militaire occidentale et sa propre industrie de défense en plein essor, a porté des coups significatifs à la machine de guerre russe. Les frappes de drones ukrainiens ont ciblé des infrastructures pétrolières vitales et perturbé le transport du pétrole brut soumis à des sanctions. De plus, les nouvelles technologies de drones donnent à l’Ukraine un avantage sur le champ de bataille, repoussant les troupes russes qui ont également perdu l’accès aux connexions Internet Starlink, indispensables pour leurs propres drones.
Cette menace croissante des drones ukrainiens a poussé le Kremlin à réduire l’ampleur de son défilé annuel de la Journée de la Victoire sur la Place Rouge à Moscou, une reconnaissance tacite de l’évolution de l’équilibre des forces.
Dans le même temps, les Russes ordinaires sont confrontés aux dures conséquences économiques de la guerre. La forte inflation, alimentée par les mobilisations militaires et la production de défense, érode le niveau de vie. Les efforts du Kremlin pour restreindre l’accès à l’information ont encore exacerbé ces difficultés, empêchant les citoyens de saisir pleinement l’ampleur réelle de la crise économique.
Baisse du soutien de la population
Même les sondages commandités par l’État indiquent une baisse de la cote de popularité de Poutine, qui est passée de 77,8 pour cent en début d’année à 65,6 pour cent. Ce soutien en baisse reflète le mécontentement croissant de la population face à la guerre et à son impact sur leur vie.
Les responsables russes reconnaissent désormais publiquement la gravité de la situation économique. Le ministre du Développement économique, Maxim Reshetnikov, a mis en garde contre les pénuries de main-d’œuvre et la hausse des salaires, soulignant l’épuisement des réserves qui servaient auparavant à protéger l’économie de l’impact de la guerre.
Intervention économique
La banque centrale a réagi par une série de baisses des taux d’intérêt, dans le but de stimuler l’activité économique. Cependant, ces mesures ont peu de chances de résoudre les problèmes structurels sous-jacents auxquels est confrontée l’économie russe.
Le député chevronné Gennady Zyuganov est allé plus loin, brandissant le spectre de la révolution et avertissant que l’inaction du gouvernement pourrait conduire à une répétition du soulèvement bolchevique de 1917.
Instabilité du système financier
Les inquiétudes concernant la stabilité du système financier russe couvent depuis des mois. En juin dernier, les banques ont tiré la sonnette d’alarme face à une crise potentielle de la dette, alimentée par des taux d’intérêt élevés. Le président de l’Union russe des industriels et des entrepreneurs a averti que de nombreuses entreprises étaient au bord de la faillite. Ces avertissements se sont intensifiés ces derniers mois, alors que l’inflation est devenue incontrôlable, entraînant des salaires impayés, des mises en chômage technique et une réduction du temps de travail.
En janvier, les statistiques russes ont révélé un niveau record de 109 milliards de dollars (93 milliards d’euros) de factures commerciales impayées, soulignant l’aggravation de la crise au sein du secteur financier. (fc)
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