Lecornu utilise une clause constitutionnelle pour faire adopter le budget français 2026


Principaux renseignements

  • Le Premier ministre français Sébastien Lecornu prévoit de contourner le vote parlementaire et d’utiliser une clause constitutionnelle pour adopter le budget 2026.
  • Afin de s’assurer le soutien du Parti socialiste, le gouvernement a fait des concessions, notamment en préservant les allègements fiscaux sur les retraites et en augmentant les compléments de revenu pour les ménages à faibles revenus.
  • Malgré les concessions faites aux autres partis, l’opposition de l’extrême gauche persiste et une motion de censure est prévue.

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a annoncé son intention d’utiliser une disposition constitutionnelle pour faire adopter le budget 2026 sans vote parlementaire, contournant ainsi l’opposition potentielle et évitant une nouvelle crise gouvernementale.

Lecornu a reconnu que le recours à cette clause spéciale, qui permet l’adoption d’une loi sans l’accord du Parlement, reviendrait à rompre sa promesse antérieure. Il a exprimé ses regrets quant à cette nécessité, mais a affirmé avoir obtenu un soutien suffisant pour survivre au vote de défiance inévitable qui accompagne une telle mesure.

Concessions

Afin d’obtenir le soutien du Parti socialiste sans s’aliéner les conservateurs, le gouvernement a fait plusieurs concessions. Il s’agit notamment du maintien d’un allègement fiscal pour les retraites et de l’augmentation d’environ 50 euros des compléments de revenu mensuels pour les ménages à faibles revenus.

En outre, le gouvernement s’est engagé à étendre les repas subventionnés dans les cafétérias universitaires et à mettre en œuvre des mesures visant à garantir des logements abordables. Pour financer ces initiatives, une taxe supplémentaire sur les grandes entreprises, initialement prévue pour un an, sera prolongée jusqu’en 2026.

Ces annonces ont apaisé le Parti socialiste, dont le leader Boris Vallaud a déclaré qu’il n’y avait pas lieu d’exprimer une motion de censure à l’encontre du gouvernement. Le leader conservateur Bruno Retailleau a critiqué l’augmentation des dépenses et des impôts, mais a indiqué que son parti ne soutiendrait pas une motion de censure, craignant de déclencher de nouvelles élections qui pourraient potentiellement profiter à l’extrême droite.

Opposition de l’extrême gauche

L’opposition est venue de l’extrême gauche, Mathilde Panot, de La France Insoumise, annonçant une motion de censure pour défendre la dignité parlementaire. Lecornu a réitéré son engagement à maintenir le déficit budgétaire en dessous de 5 pour cent du PIB.

Cependant, les analystes d’ING ont averti que les augmentations d’impôts proposées pourraient entraver les investissements et la création d’emplois cette année, ce qui finirait par ralentir la croissance économique.

L’adoption du budget mettrait fin à des mois d’incertitude. Les deux gouvernements précédents formés par le président Emmanuel Macron ont démissionné en raison de désaccords budgétaires, plongeant la France dans une crise politique rarement observée depuis la création de la Ve République en 1958. Les responsables gouvernementaux prévoient désormais l’adoption définitive du budget début février. (fc)

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