L’écart salarial avec les pays voisins se renforce encore : un coup de pouce pour les travailleurs, un drame pour les entreprises

Les coûts salariaux des entreprises belges devraient augmenter plus fortement que ceux des pays voisins dans les années à venir. S’il s’agit d’une aubaine pour les employés, les employeurs sont désemparés, car leur compétitivité internationale s’affaiblit considérablement.

Les coûts de la main-d’œuvre augmentent plus rapidement dans notre pays que dans les pays voisins, l’Allemagne, la France et les Pays-Bas, qui sont aussi nos principaux partenaires commerciaux. Les prévisions du Conseil central de l’économie (CRB), qui compare l’évolution du coût du travail pour les partenaires sociaux, montrent que le handicap du coût du travail en Belgique augmentera de 4,6 % entre 2020 et 2024.

Indexation automatique des salaires

Cela est dû à l’indexation automatique des salaires dans notre pays. Ce mécanisme permet d’ajuster directement nos salaires en fonction de l’augmentation de l’inflation. Nulle part ailleurs dans le monde, à l’exception du Luxembourg et de Malte, ce n’est encore le cas.

L’écart croissant des coûts salariaux par rapport aux trois pays voisins est donc le résultat de l’inflation galopante à laquelle l’Europe a été confrontée. En conséquence, de nombreux cols blancs verront leur salaire augmenter de plus de 10 % en janvier lorsqu’ils recevront leur ajustement annuel de l’indexation. Dans d’autres pays, une telle augmentation de salaire doit être négociée. Le Luxembourg a lui procédé à un saut d’index cette année.

Il ne s’agit pas d’un rapport officiel de la CRB, mais d’une mise à jour demandée par les partenaires sociaux. Dans sa communication, l’organe consultatif a souligné que ces chiffres devaient être utilisés « avec prudence ». En effet, l’instabilité des prix de l’énergie rend difficile l’estimation de l’inflation pour les mois et les années à venir.

Les entreprises menacent de quitter le pays

Bien que les chiffres ne soient pas encore définitifs, les prévisions sont considérées comme un avertissement important par les employeurs. Une augmentation de 5 % du handicap salarial signifierait un retour à la situation du début de la dernière décennie : de nombreuses entreprises manufacturières quittaient le pays en raison de notre handicap de compétitivité. Un saut d’index a permis au gouvernement Michel d’atténuer ce problème à l’époque.

Alors que la crise énergétique met en jeu la situation économique des entreprises, les syndicats et les employeurs devraient rencontrer le Premier ministre De Croo (Open Vld) mardi prochain pour des discussions.

BL

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