Le tourisme de naissance russe connaît un essor fulgurant : les familles cherchent à obtenir une deuxième nationalité pour leurs enfants


Principaux renseignements

  • Des citoyens russes ont recours au « tourisme de naissance » pour permettre à leurs enfants d’obtenir un passeport étranger et échapper ainsi à l’isolement international.
  • Le Brésil remplace l’Argentine comme principale destination de choix en raison de la souplesse de ses conditions de résidence et des avantages liés aux voyages.
  • Les gouvernements du monde entier durcissent leurs lois sur la citoyenneté afin d’endiguer cette tendance migratoire stratégique.

Le conflit entre la Russie et l’Ukraine a profondément modifié la façon dont certains citoyens russes envisagent la migration, entraînant une forte augmentation du « tourisme de naissance ». C’est ce qu’écrit Euronews.

Une deuxième nationalité pour la prochaine génération

De nombreuses femmes choisissent d’accoucher à l’étranger afin de protéger la prochaine génération des conséquences de la guerre et de l’isolement international croissant de la Russie.

La motivation principale est d’obtenir une seconde nationalité pour le nourrisson, ce qui peut servir de passerelle permettant à toute la famille d’accéder à un titre de séjour légal, à l’emploi et à des opportunités éducatives à l’étranger. Par conséquent, les pays appliquant le jus soli – qui accorde la nationalité en fonction du lieu de naissance – ont connu une forte augmentation des arrivées.

De l’Argentine au Brésil

L’Argentine était au départ la principale destination en raison de l’entrée sans visa pour les Russes, de soins médicaux abordables et d’un parcours d’accès à la résidence facile pour les parents.

À mesure que les options en Argentine se réduisaient, le Brésil s’est imposé comme une alternative privilégiée. Le passeport brésilien est très prisé pour ses nombreux privilèges de voyage sans visa, notamment l’accès à l’espace Schengen et au Royaume-Uni. Le Brésil offre un avantage unique. Les frères et sœurs aînés peuvent obtenir la nationalité grâce à une procédure simplifiée après un an de résidence. De plus, les parents et les grands-parents peuvent demander un titre de séjour et, à terme, la naturalisation, à condition de remplir les conditions de résidence et de maîtrise de la langue.

Les données montrent une augmentation constante du nombre de Russes acquérant la nationalité brésilienne entre 2024 et 2025, ce qui suggère que beaucoup considèrent désormais le Brésil comme un lieu de résidence permanent plutôt que comme une étape temporaire.

Destinations mondiales variées

D’autres pays attirent également les familles russes grâce à des atouts spécifiques. Le Chili est prisé pour ses cliniques privées de haut niveau et ses coûts relativement modérés par rapport à l’Amérique du Nord.

Les États-Unis et le Canada restent des choix de premier plan en raison de la garantie de la citoyenneté par droit de naissance et de la solidité de leurs systèmes sociaux, bien que la charge financière y soit nettement plus élevée. Aux États-Unis, les coûts peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers de dollars, et les autorités se montrent de plus en plus strictes dans le refus des visas aux personnes soupçonnées de « tourisme de naissance ». Le Mexique constitue une alternative plus abordable pour ceux qui souhaitent s’implanter en Amérique du Nord.

Réponses politiques internationales

À l’échelle mondiale, les gouvernements mettent en œuvre diverses stratégies pour freiner cette tendance. Certains pays, tels que l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Irlande, ont complètement aboli la citoyenneté par naissance inconditionnelle, exigeant qu’au moins un des parents dispose d’un statut légal. D’autres, comme les États-Unis, recourent au pouvoir discrétionnaire consulaire pour refuser des visas aux femmes enceintes.

Hong Kong a mis en place des quotas hospitaliers stricts et des obligations d’enregistrement pour gérer les arrivées. Parallèlement, le Canada est actuellement en proie à un débat politique interne visant à déterminer s’il convient de restreindre ses propres politiques en matière de droit du sol, suite à une augmentation des naissances chez les non-résidents.

(at)

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