Le tatouage ne sera plus un obstacle à l’emploi

Le monde du travail aconnu ces dernières décennies des changements fondamentaux. Lescodes vestimentaires ont disparu en grande partie, ainsi que d’autrescodes dans divers domaines. Une enquête de scientifiques del’université de Miami et l’université de Western Australia, auprèsde plus de 2.000 employeurs aux États-Unis, montrent que laperception du tatouage a également évolué dans la sphère professionnelle.

Alors que par le passé,les personnes étaient averties que les tatouages n’étaient pasappréciés par les employeurs et représentaient un frein àl’engagement, ces ornements cutanés ne posent plus problème.

40% des millenials

« La société ne voitplus les tatouages comme par le passé », dit Michael French,responsable de l’étude et professeur d’économie de la santé àl’université de Miami. « Une étude du Pew Research Center amontré qu’aux États-Unis, 20% des individus ont un tatouage. Chezles millennials, ce taux peut monter à 40%. »

« Notre étude montreque le tatouage n’a plus d’impact sur l’emploi, le salaire ou lespromotions et qu’il peut même représenter un avantage. »

Désavantage concurrentiel

« Les employeurs quiont une attitude discriminative vis-à-vis de candidats ayant destatouages, peuvent risquer de devoir choisir des candidats moinsqualifiés », explique encore le professeur French. « Les préjugésà l’égard du tatouage surtout s’il est visible, ont disparu. » 

« C’est surtout valablepour les jeunes qui considèrent l’art corporel comme une formenaturelle et commune d’expression personnelle« , précise French. « Compte tenu de la prévalence croissante des tatouages??dans la société (environ 40% des jeunes adultes), lesresponsables et les superviseurs qui discriminent les travailleurstatoués seront probablement désavantagés dans leur recherched’employés qualifiés. »

La perception négative dutatouage a disparu

« Les employeurs quin’appréciaient pas le tatouages, ont laissé tombé leurs à-priori »,affirme Michael French. « Les tatouages sont maintenant vus commeune mode comme la couleur des cheveux, les bijoux et les vêtements. » Le chercheur explique avoir donné des cours à des étudiantspost-universitaires dans le domaine de la santé et avoir constatéque ceux-ci arboraient aussi des tatouages.

Créativité

Une étude antérieureavait montré que l’attitude négative des employeurs était souventdictée par la crainte de la réaction des clients qui souventn’apprécient pas d’être servis par un employé portant un tatouage.

« Les tatouages sontsouvent associés à la délinquance ou à la contre-culture »,dit French. « Ce n’est plus vrai et ils augmentent parfois leschances d’engagement. Ils ne sont plus considérés comme un signe derebéllion, mais comme un signe de créativité. »

Armée

Andrew Timming ,professeur de ressources humaines  à l’université de WesternAustralia, souligne que la perception des tatouages dépend dessecteurs et des fonctions. « L’employeur qui recherchent lescollaborateurs jeunes et dynamiques, aura une attitude positive carle tatouage peut être considéré comme une forte expression depersonnalité », dit Timming.

« Des entreprises plustraditionnelles et dont la clientèle est plus âgée, auront uneattitude moins tolérante ». Les hôpitaux américains,notamment, exigent que leurs employés cachent leurs éventuelstatouages.

D’autre part, il fautsignaler que les tatouages sont admis dans l’armée américaine, àcondition qu’ils n’aient pas un caractère choquant. Cependant, lestatouages sur la tête, le visage, le cou et les poignets restentinterdits.