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Le retour en grâce de la Grèce : de paria de la zone euro à miraculée

Le retour en grâce de la Grèce : de paria de la zone euro à miraculée
Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, leader de Nouvelle Démocratie – LOUISA GOULIAMAKI/AFP via Getty Images

En 2010, certains pays de la zone euro demandaient explicitement d’exclure la Grèce, dont la dette était devenue insoutenable. 13 ans plus tard, la situation du pays nous indique que rien n’est impossible en économie. Il reste beaucoup de choses à faire en Grèce, mais la République hellénique prend le bon chemin.

Pourquoi est-ce important ?

Plus de dix après la crise de la dette qui a vu la Grèce à l'agonie, sauvée par la BCE et le FMI, aux rudes conditions de l'Allemagne, voilà que le pays hellénique revient d'entre les morts. Après 3 plans de sauvetage drastiques en 2010, 2012 et 2015, la Grèce est revenue sur les marchés en 2018. Aujourd'hui, sa croissance est au beau fixe, les réformes y vont bon train.

Dans l’actu : le retour en grâce de la Grèce comme lieu d’investissement.

  • L’économie a connu l’une des plus fortes reprises après la pandémie, avec une croissance du produit intérieur brut de 8,4 % en 2021 et de 5,9 % l’année dernière. Pour comparaison, la croissance n’était que de 3,5% dans la zone euro en 2022.
  • Le taux de chômage en mars 2023 était de 10,9%, c’est l’un des taux les plus élevés d’Europe, mais c’est deux fois moins qu’il y a 10 ans, quand celui-ci atteignait 22%.
  • Plus spécifiquement, les chiffres d’Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne, montrent que la Grèce a enregistré un excédent budgétaire primaire de 0,1 % en 2022. Très loin devant le déficit belge.
  • Le nombre de prêts non performants dans les bilans des banques est passé de plus de 50 % en 2016 à près de 7 %.
  • C’est le retour des investissements étrangers : ils ont augmenté de 50 % l’année dernière pour atteindre leur niveau le plus élevé depuis le début des relevés, en 2002.
  • C’est aussi le retour du tourisme, qui pèse 20% du PIB à lui seul : 30 millions de personnes ont visité la Grèce en 2022. Le secteur a atteint 97% de son niveau d’avant-pandémie.
  • Les étrangers passent en vacances et y investissent : les ventes de biens immobiliers aux acheteurs étrangers ont été presque quatre fois plus élevées l’année dernière qu’en 2007, atteignant près de 2 milliards d’euros.

L’essentiel : la partie n’est pas gagnée.

  • La dette reste énorme, mais elle va dans le bon sens : après avoir atteint 206 % durant la pandémie, la dette publique grecque a été ramenée à 171 % du PIB l’année dernière, son niveau le plus bas depuis 2012. C’est l’une des plus fortes réductions de dette au monde, note le Financial Times.
    • Le gouvernement de Mitsotakis a même promis le retour de la dette à 120% du PIB à horizon 2026.
  • Signe de la confiance retrouvée, l’agence de notation Standards & Poor’s a récemment modifié ses perspectives de « stables » à « positives ». Un nouveau relèvement du niveau de la dette pourrait suivre ce mois-ci, ce qui est tout à fait fondamental pour la capacité de la Grèce à emprunter sur les marchés.
  • Mais il faudra pour cela poursuivre les réformes et montrer une stabilité politique. Or, les élections se tiendront le 21 mai.
  • Le problème, c’est que derrière la réussite économique, la crise sociale a perduré. Le salaire minimum n’est que de 910 euros et les Grecs ont été touchés de plein fouet par l’inflation. Si bien que le Parti conservateur au pouvoir, Nouvelle Démocratie, ne dispose plus que de 5 points d’avance sur Syriza, le parti d’opposition de la gauche radicale. De l’autre côté du spectre, l’extrême droite est de retour à l’avant-plan, malgré la désintégration du parti Aube Dorée. Il sera donc bien difficile pour le gouvernement actuel de reconduire sa majorité.
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