Principaux renseignements
- Selon Andrius Kubilius, les dépenses colossales de la Russie en matière de défense et sa production de drones constituent une menace pour la sécurité européenne.
- La mobilité militaire doit immédiatement devenir une nécessité opérationnelle afin de garantir la dissuasion.
- Un cadre « Schengen militaire » permettrait d’harmoniser les réglementations fragmentées grâce à un permis unique valable dans toute l’Union européenne.
Andrius Kubilius, commissaire européen chargé de la Défense et de l’Espace, a appelé à un renforcement rapide des capacités de mobilité militaire de l’Union européenne.
Lors de la conférence « Military Schengen » à Hambourg, il a averti que l’escalade des investissements de la Russie dans la défense et l’accélération de ses cadences de production indiquaient que les moyens de dissuasion actuels échouaient.
Un écart croissant dans les dépenses de défense
Le commissaire a déclaré que le budget militaire de la Russie pour 2027 devrait s’élever à 180 milliards d’euros, soit une augmentation de 3 pour cent par rapport aux dépenses actuelles.
Kubilius a fait remarquer que, corrigées en fonction de la parité de pouvoir d’achat, les dépenses militaires de la Russie pourraient, l’année prochaine, être équivalentes, voire supérieures, aux dépenses cumulées de tous les pays de l’UE.
Supériorité industrielle
Au-delà du financement, Kubilius a averti que la Russie surpasse l’Europe en matière de production industrielle et de progrès technologiques militaires, en particulier dans le domaine des drones.
Il a affirmé qu’en cas d’invasion, l’UE aurait affaire à une armée russe aguerrie, capable de déployer 10 millions de drones par an, soit environ 30 000 par jour.
L’urgence d’un déploiement rapide
Pour faire face à cette menace, Kubilius a estimé que l’augmentation des budgets et l’acquisition de matériel ne suffisaient pas. Il a souligné que la capacité à transporter rapidement du personnel et des armes à travers le continent revêtait une importance cruciale.
Kubilius a insisté pour que la mobilité militaire soit considérée comme une nécessité opérationnelle immédiate plutôt que comme un objectif conceptuel.
Solutions proposées pour une mobilité uniforme
Pour y parvenir, le commissaire a proposé un cadre global de « Schengen militaire » destiné à remplacer le système actuel, fragmenté en 27 réglementations nationales différentes.
Ce nouveau cadre réglementaire uniforme instaurerait un permis unique valable dans toute l’UE, qui, selon lui, devrait être délivré dans un délai de trois jours. Il a également évoqué un projet de système européen visant à améliorer la réponse en matière de mobilité militaire, le « European Military Mobility Enhanced Response System ». Le Conseil de l’UE pourrait activer ce système en cas de crise urgente. (lv)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

