Le projet « Lake Side » à Tour & Taxis à Bruxelles suscite des inquiétudes quant à la gentrification


Principaux renseignements

  • Le projet controversé « Lake Side » à Bruxelles prévoit la construction de 660 appartements, dont seulement 166 sont destinés à être des « logements abordables ».
  • Malgré l’engagement de Nextensa en faveur de l’accessibilité financière, les militants craignent que le projet ne fasse grimper le coût de la vie et n’aggrave la gentrification dans le quartier.
  • Les détracteurs affirment que l’absence de véritables logements sociaux exclut les résidents à faibles revenus et creuse les disparités socio-économiques.

Un projet immobilier de plusieurs millions d’euros baptisé « Lake Side », situé sur le site de Tour & Taxis à Bruxelles, a suscité la controverse et des inquiétudes quant à la gentrification. Le projet, développé par Nextensa, a reçu l’approbation d’Urban Brussels vendredi dernier malgré les objections des résidents et des militants urbains qui craignent qu’il n’entraîne une augmentation du coût de la vie dans les quartiers environnants.

Préoccupations relatives au logement abordable

Alors que Nextensa s’est engagée à fournir 166 des 660 appartements sous forme de « logements abordables » gérés par CityDev, les militants restent sceptiques, citant une situation similaire avec le projet Park Lane, où Nextensa avait vendu des logements abordables à des investisseurs.

CityDev reconnaît que son rôle aura un impact limité sur l’accessibilité financière globale compte tenu du faible nombre de logements dédiés. Cependant, l’organisme souligne qu’il donnera la priorité aux candidats figurant sur sa liste existante dont le revenu moyen est d’environ 30 000 euro par an. Selon lui, cela attirera un profil d’acheteurs différent, axé sur la résidence à long terme plutôt que sur l’investissement.

Phase finale du réaménagement de Tour & Taxis

Le projet Lake Side marque la phase finale d’un effort de réaménagement de 25 ans à Tour & Taxis, englobant 17 bâtiments, dont une tour de 127 mètres, et divers équipements tels que des commerces, des bureaux et des espaces publics.

Audrey Henry, secrétaire d’État bruxelloise à l’Aménagement du territoire, affirme que le projet vise à attirer des familles de la classe moyenne à la recherche de logements plus spacieux, répondant ainsi aux besoins en matière de logement de cette population.

Préoccupations en matière d’accessibilité

Cependant, les détracteurs soulignent l’absence de véritables logements sociaux et font valoir que les « logements approuvés », bien que plafonnés à un prix inférieur, restent inaccessibles pour de nombreux Bruxellois en difficulté. Ils jugent l’engagement de Nextensa insuffisant et craignent qu’il ne profite en fin de compte aux personnes les plus aisées, exacerbant encore davantage la gentrification dans le quartier.

La proximité du projet avec Molenbeek-Saint-Jean, l’une des communes les plus pauvres de Bruxelles, soulève des inquiétudes quant au risque d’éviction et à l’aggravation des disparités socio-économiques. Les habitants se disent exclus des espaces publics au sein de Tour & Taxis, soulignant un sentiment croissant de ségrégation.

Alors que CityDev affirme que le projet favorise le « mélange social » plutôt que la gentrification, les militants restent sceptiques, arguant que le projet ne répond pas aux besoins urgents en matière de logement des communautés défavorisées. Ils considèrent ce projet comme une occasion manquée d’utiliser un espace public précieux pour le bien commun. (fc)

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