Principaux renseignements
- Le Pentagone étudie la possibilité de réduire de 80 000 le nombre de militaires américains stationnés en Europe.
- Les alliés de l’OTAN craignent que ces éventuels retraits ne soient utilisés comme moyen de pression politique.
- Cette évaluation va au-delà de la simple effectif des troupes et porte également sur la cybersécurité et les dépenses de défense.
Le Pentagone étudie actuellement la possibilité de réduire le nombre d’environ 80 000 militaires américains stationnés en Europe. Une évaluation interne doit présenter au ministre de la Défense Pete Hegseth, au plus tard le 6 novembre, au moins quatre options stratégiques. La date butoir est ainsi avancée d’un mois par rapport à celle initialement prévue en décembre.
Cette évaluation pourrait modifier en profondeur la taille et l’organisation de la présence militaire américaine en Europe.
Inquiétudes au sein de l’OTAN
Cette initiative a suscité des inquiétudes parmi les membres de l’OTAN, qui craignent une réduction considérable des effectifs. On redoute également que ce processus ne soit utilisé comme moyen de pression contre les pays qui, selon le président Donald Trump, n’ont pas apporté une aide suffisante lors du conflit entre l’Iran et Israël.
Consultations stratégiques
Selon un cahier des charges récemment rendu public, le plus haut responsable militaire américain en Europe doit s’entretenir avec Elbridge Colby, le responsable des politiques au Pentagone, d’ici le 18 septembre. Cette réunion sera probablement déterminante pour définir les options qui seront soumises à Hegseth.
Par ailleurs, Colby devrait s’entretenir à Bruxelles avec les ambassadeurs de l’OTAN au sujet de cette évaluation. Bien qu’une source haut placée au sein du Pentagone ait déclaré que l’objectif était d’explorer différents scénarios, y compris des réductions d’effectifs, plutôt que de mettre en œuvre un plan préétabli, plusieurs dirigeants européens restent sceptiques quant à l’objectivité de cette évaluation.
L’évaluation voit son champ d’application élargi
Le secrétaire Hegseth avait précédemment exprimé son désaccord vis-à-vis des « profiteurs » au sein de l’alliance lors de l’annonce de juin, suggérant la nécessité d’accords plus précis concernant les autorisations de stationnement et de survol.
Depuis lors, le champ d’application de l’enquête actuelle a été élargi afin d’examiner les renseignements, la cybersécurité et les capacités spatiales, ainsi que la légitimité des stratégies de dépenses de défense de différents pays.
Différends concernant l’espace aérien
Ces développements s’inscrivent dans un contexte de tensions persistantes entre le président Trump et plusieurs gouvernements européens. Le président américain a fait valoir que ces alliés s’étaient trop appuyés sur la sécurité américaine, sans pour autant apporter le soutien nécessaire lors du conflit avec l’Iran ; il a notamment cité des cas où des avions américains se sont vu refuser l’accès à l’espace aérien européen ou ont subi des retards.
La date butoir approche
À mesure que la date butoir du 6 novembre approche, les recommandations qui en découleront détermineront probablement l’ampleur future de la présence militaire américaine en Europe.
Ce processus ajoute en outre une tension supplémentaire aux différends persistants entre Washington et ses alliés concernant les dépenses militaires et l’accès opérationnel. (lv)
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