Principaux renseignements
- Selon Alex Karp, PDG de Palantir, l’IA risque de dissocier la richesse extrême des salaires moyens.
- Les développeurs de technologies peuvent profiter d’une croissance exponentielle de leur fortune, tandis que les salariés ne bénéficient que d’augmentations salariales limitées.
- Les gouvernements pourraient nationaliser des entreprises pour endiguer les troubles sociaux croissants.
Alex Karp, PDG de Palantir, a laissé entendre que l’IA pourrait multiplier par vingt sa fortune personnelle, ce qui ferait passer celle-ci de 15 milliards de dollars (13 milliards d’euros) à près de 300 milliards de dollars (environ 262 milliards d’euros). En revanche, il s’attend à ce que le salaire d’un salarié moyen issu de la classe moyenne double tout au plus au cours des dix prochaines années. Karp a qualifié cet écart grandissant de « découplage total » entre les richesses extraordinaires et les revenus ordinaires, caractérisant cette situation comme une crise sociétale majeure.
Déconnexion de la richesse
Lors d’un entretien avec Mathias Döpfner dans le podcast MDMeets, Karp a fait valoir que, si l’IA peut améliorer le niveau de vie général, les véritables architectes de cette technologie sont en passe de voir leur richesse croître de manière exponentielle. Il a attribué cette accumulation de richesses à un petit groupe d’intellectuels très atypiques, déconnectés du citoyen lambda.
Malgré son rôle dans la hausse de la valorisation de Palantir à environ 322 milliards de dollars (soit quelque 281 milliards d’euros) grâce à la demande en IA, Karp a admis que l’engouement démesuré autour de cette technologie était à la fois décourageant et inquiétant. Il a même émis l’hypothèse que les gouvernements pourraient finir par nationaliser les entreprises d’IA si la colère du public face à la concentration des richesses continuait de s’amplifier.
Elon Musk
Cette évolution s’inscrit dans une tendance mondiale plus large. Selon Oxfam, la fortune des milliardaires a augmenté de 16 pour cent en 2025 pour atteindre 18 300 milliards de dollars (environ 16 000 milliards d’euros). Cette croissance a ainsi battu tous les records précédents. Cette ère d’accumulation de richesses sans précédent a récemment atteint un nouveau sommet lorsque Elon Musk a brièvement accédé au statut de « billionnaire ».
Avertissements émanant du secteur
D’autres personnalités influentes partagent les inquiétudes de Karp. Larry Fink, PDG de BlackRock, a remis en question l’avenir de nombreux emplois de bureau. Selon lui, les avantages actuels de l’IA profitent principalement aux entreprises qui disposent des données, des infrastructures et des modèles nécessaires.
Fink a comparé cette évolution à l’impact de la mondialisation, qui avait auparavant surtout mis sous pression les emplois industriels. Le lauréat du prix Nobel Geoffrey Hinton a quant à lui affirmé que ce n’est pas la technologie en soi, mais le système capitaliste qui incite les entreprises à utiliser l’IA pour remplacer le travail humain.
Ces tensions se sont récemment manifestées en Corée du Sud, où les employés de Samsung ont failli se mettre en grève pour exiger une répartition plus équitable des bénéfices générés par l’IA. La question centrale n’est plus de savoir si l’IA va consolider les richesses, mais si des mesures législatives seront prises avant que le fossé économique ne devienne permanent. (lv)
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