Principaux renseignements
- Le musée du Louvre a augmenté de 45 pour cent le prix des billets pour les visiteurs non européens afin de faire face à des difficultés financières et de mettre en œuvre une politique nationale de « tarification différenciée ».
- Les détracteurs affirment que la nouvelle structure tarifaire va à l’encontre de la mission universelle du Louvre et crée une inégalité d’accès au patrimoine national.
- Les modèles de double tarification sont de plus en plus courants dans le secteur du tourisme à travers le monde. Citons par exemple la taxe sur les excursions d’une journée à Venise et les tarifs pratiqués dans les parcs safari kenyans.
Le Louvre à Paris a récemment procédé à une augmentation significative des prix pour les visiteurs non européens. L’objectif est de renforcer la stabilité financière après diverses difficultés, telles que des grèves, la surpopulation et le vol des joyaux de la couronne française. Cette mesure, qui s’inscrit dans le cadre d’une politique nationale de « tarification différenciée », prévoit une augmentation de 45 pour cent du prix des billets pour la plupart des résidents non européens, qui passent de 22 à 32 euros. C’est ce que rapporte Euronews.
Cette décision a suscité les critiques des syndicats français, qui estiment qu’elle va à l’encontre de la mission universelle du musée le plus visité au monde et crée une inégalité d’accès au patrimoine national. Toutefois, la nouvelle structure tarifaire ne s’applique pas aux visiteurs de moins de 18 ans et prévoit un tarif légèrement inférieur, à 28 euros, pour les visites guidées comptant au maximum 20 participants.
Double tarification en France
Le Louvre n’est pas le seul à adopter ce modèle de tarification à deux niveaux. D’autres attractions françaises de premier plan, notamment le château de Versailles et la Sainte-Chapelle, mettent également en œuvre des stratégies tarifaires similaires. À Versailles, les non-résidents de l’UE paient 35 euros pendant la haute saison, tandis que les citoyens et résidents de l’UE paient 32 euros. De même, le prix d’entrée à la Sainte-Chapelle passe à 22 euros pour les visiteurs non européens, tandis qu’il reste à 16 euros pour les visiteurs européens.
La double tarification n’est pas un concept nouveau dans l’industrie du tourisme. Venise, par exemple, impose depuis plusieurs années une taxe sur les excursionnistes non résidents pendant les week-ends et les périodes de forte affluence, pouvant atteindre 10 euros par visiteur. Cette mesure vise à alléger la pression que le grand nombre d’excursionnistes exerce sur les infrastructures et les services de la ville.
L’Italie offre également fréquemment l’entrée gratuite aux musées et aux attractions aux résidents locaux, tout en facturant des frais aux non-résidents. Le Kenya applique depuis longtemps une tarification à plusieurs niveaux pour l’entrée dans les parcs safari, avec des frais nettement plus élevés pour les non-résidents et les citoyens non est-africains par rapport à leurs homologues est-africains.
Controverse autour des doubles prix
La justification de la double tarification repose souvent sur la volonté d’offrir un accès préférentiel aux trésors culturels et naturels aux citoyens et résidents qui paient des impôts, en particulier dans les pays où l’écart de richesse entre les touristes et les habitants est important. Cependant, certains cas de « taxe sur les étrangers » suscitent des critiques. Au Japon, par exemple, l’introduction récente de doubles prix dans certains restaurants a suscité la controverse.
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