Le marché de l’emploi américain s’affaiblit de manière inattendue : les suppressions d’emplois placent la Fed face à un dilemme


Principaux renseignements

  • L’économie américaine a perdu 23 000 emplois le mois dernier, ce qui va à l’encontre des prévisions de croissance.
  • Les secteurs du commerce de détail et de l’éducation ont été à l’origine du ralentissement soudain du marché de l’emploi.
  • La stagnation de la croissance et la forte inflation compliquent la stratégie de la Réserve fédérale en matière de taux d’intérêt.

Des données gouvernementales récentes révèlent que le marché de l’emploi américain a connu des difficultés tout au long de l’été, créant bien moins d’emplois que prévu. Contrairement aux prévisions qui tablaient sur une hausse de 80 000 emplois, l’économie a en réalité perdu 23 000 postes le mois dernier. Ce ralentissement a été principalement alimenté par des réductions d’effectifs dans le secteur du commerce de détail – en particulier dans les hypermarchés, les stations-service et les magasins de gros – ainsi que par des coupes budgétaires dans l’éducation au niveau des collectivités locales.

Estimations révisées 

Cette tendance à la baisse est encore soulignée par le Bureau of Labor Statistics, qui a revu à la baisse ses estimations précédentes de l’emploi pour mai et juin, pour un total de 103 000 postes.

Si le taux de chômage a légèrement reculé, passant de 4,2 pour cent à 4,1 pour cent, cette évolution est attribuée à une baisse marginale du nombre total de demandeurs d’emploi actifs plutôt qu’à une croissance réelle.

Les défis de la Fed

Ces évolutions compliquent les décisions à venir de la Réserve fédérale concernant les taux d’intérêt. Actuellement, les taux sont maintenus entre 3,5 pour cent et 3,75 pour cent, et le nouveau président, Kevin Warsh, s’est écarté des pratiques antérieures en ne fournissant que très peu d’indications sur les mesures à venir.

La banque centrale est désormais confrontée à un dilemme : trouver un équilibre entre un marché de l’emploi en perte de vitesse et une croissance stagnante, d’une part, et un taux d’inflation qui reste élevé, à 3,5 pour cent, d’autre part.

Ralentissement de la croissance des salaires et perspectives d’avenir

La croissance des salaires a également montré des signes de ralentissement, le salaire horaire moyen ayant augmenté de 3,2 pour cent au cours de l’année écoulée, un chiffre inférieur aux 3,5 pour cent prévus par les experts. Le salaire horaire moyen des salariés du secteur privé non agricole s’élève actuellement à 37,62 dollars (32,53 euros).

Si la faiblesse des données sur l’emploi pourrait réduire l’urgence de nouvelles hausses de taux, la stratégie de la Réserve fédérale pour septembre reste incertaine.

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